Le principal outil utilisé au Royaume-Uni pour évaluer les risques de violences domestiques, connu sous le nom de DASH, va être révisé après des révélations mettant en lumière ses failles. Conçu il y a plus de 15 ans et largement utilisé par la police, les travailleurs sociaux et divers services publics, ce questionnaire est accusé d’avoir contribué à des évaluations erronées ayant, dans certains cas, mené à des drames mortels.
Selon une enquête publiée la semaine dernière par Reuters, de nombreuses victimes n’ont pas été correctement identifiées comme étant en danger. Le Telegraph a révélé qu’au moins 55 femmes tuées par leur partenaire ou ex-partenaire avaient été classées par DASH comme présentant seulement un risque « standard » ou « moyen ». Le Times a de son côté rapporté que certaines victimes avaient même été rétrogradées d’un risque « élevé » à « moyen » peu avant leur décès.
Face à ces critiques, Ellen Miller, directrice générale de l’association SafeLives, qui a co-développé le questionnaire avec l’experte Laura Richards, a confirmé que le ministère de l’Intérieur avait chargé son organisation de réfléchir à une mise à jour en profondeur. « Nous travaillons sur la façon dont une révision pourrait se dérouler et sur la possibilité d’une réécriture plus large », a-t-elle déclaré.
La remise en cause de DASH intervient alors que la lutte contre les violences domestiques reste une priorité politique et sociétale au Royaume-Uni. Chaque année, des dizaines de femmes y perdent la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, malgré des signaux d’alerte souvent identifiés mais mal pris en compte.
Pour les familles des victimes, la réforme de cet outil est devenue urgente. Elles estiment que des vies auraient pu être sauvées si l’évaluation des risques avait été plus rigoureuse et mieux adaptée aux réalités de terrain.
La révision de DASH, qui pourrait conduire à une refonte complète du questionnaire, sera scrutée de près par les associations de défense des victimes et par l’opinion publique, dans l’espoir d’éviter que de tels échecs ne se reproduisent à l’avenir.