Prison de Perpignan : un record de saturation qui alarme les surveillants
Prison de Perpignan : un record de saturation qui alarme les surveillants

La situation carcérale à Perpignan atteint un seuil critique. Le centre pénitentiaire des Pyrénées-Orientales vient d’établir un sinistre record, celui du plus grand nombre de « stop écrou » en France, selon l’UFAP UNSa Justice. Faute de place, sept refus d’écrou ont été prononcés depuis décembre 2024. Une première à l’échelle nationale.

Une surpopulation carcérale hors de contrôle

Le syndicat tire la sonnette d’alarme : la maison d’arrêt pour hommes accueille 344 détenus pour seulement 132 places, soit un taux d’occupation de 260 %. Chez les femmes, 69 détenues se partagent 28 places, et une seule cellule reste disponible. Le centre de semi-liberté est lui aussi au-delà de ses capacités, avec 27 personnes pour 24 places. Même le centre de détention, pourtant à 100 % d’occupation, fonctionne avec 33 cellules doublées, contrevenant à l’obligation légale d’encellulement individuel la nuit, selon l’article L213-3 du Code pénitentiaire. « Plus une seule place au sol ! », s’alarme Pierre Grousset, secrétaire local du syndicat.

Des mesures d’urgence réclamées

Face à ce qu’il qualifie de « cauchemar quotidien », l’UFAP UNSa Justice appelle à un plan de désencombrement massif vers des établissements moins saturés. Le syndicat exige également un gel total des transferts vers Perpignan pendant un mois, afin de pouvoir accueillir prioritairement les détenus du département. Autre demande : combler d’urgence la trentaine de postes vacants. Les neuf mutations annoncées seraient insuffisantes pour compenser les départs à la retraite, selon les représentants syndicaux. Le message est clair : sans réponse rapide, la prison de Perpignan risque de s’enfoncer davantage dans une crise structurelle.

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