Ils étaient quatre à comparaître à Dieppe, mais un seul a écopé de prison ferme. Le tribunal a examiné une affaire de vol à Eu, en Seine-Maritime. En jeu : trois maillots de bain, quelques paquets de biscuits, et une série de décisions judiciaires qui en disent long sur le climat pénal du moment. Les faits remontent au 1er avril. Quatre jeunes adultes venus du nord de la France se rendent ensemble dans un magasin à bas prix, dans la zone des Prés salés. Entrés séparément, ils en sortent dans la confusion. L’un d’eux déclenche l’alarme : trois maillots de bain dissimulés sous un blouson. Il restitue les vêtements, mais les gendarmes sont appelés. Deux des femmes et le jeune homme sont retrouvés à la table d’un fast-food voisin. La troisième, repérée dans un bosquet, cache dans son véhicule plusieurs paquets de biscuits. Elle avoue le vol.
Petite délinquance, lourdes conséquences
À l’audience, l’une des femmes prend la responsabilité des biscuits, tout en disculpant ses deux amies. Ces dernières confirment ne rien avoir volé. Mais leurs casiers judiciaires, déjà entachés de mentions pour vol, pèsent lourd. Sous sursis probatoire, elles risquent gros. Le parquet ne flanche pas : deux mois de prison ferme requis contre chacun et chacune. Le ton monte du côté de la défense. L’un des avocats pointe un dossier bancal, une enquête sommaire. Me Flin, pour sa cliente, interroge : « Comment peut-on demander de la prison ferme pour le vol de cinq paquets de biscuits ? » Le tribunal tranche : deux relaxes, un mois de sursis pour la jeune femme qui a reconnu les faits. Et trois mois ferme pour le seul qui ne s’est pas présenté à l’audience. La justice, parfois, tient autant à la forme qu’au fond.