Selon nos confrères de France 3, vingt-cinq ans après un crime resté sans réponse, les enquêteurs espèrent encore faire émerger un témoignage oublié. Le Pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), plus connu sous le nom de pôle Cold Case, a diffusé hier mardi une nouvelle vidéo d’appel à témoins consacrée au meurtre d’Ariane Guillot, une jeune institutrice tuée à Nice le 18 avril 2001. Cette relance, appuyée par le ministère de l’Intérieur et de la Justice, s’inscrit dans le dispositif « En quête d’indices » destiné à raviver la mémoire collective sur des affaires non résolues.
Un meurtre en plein jour resté un mystère
Ce mercredi d’avril 2001, Ariane Guillot, 25 ans, promène son neveu de trois ans sur la colline du Château, un site très fréquenté dominant Nice. En plein après-midi, elle est mortellement poignardée d’un coup au cœur. Son corps est découvert par des promeneurs, tandis que l’enfant, en pleurs, répète quelques mots restés gravés : « C’est des méchants, c’est des chasseurs. » À 17 h 15, le parc regorgeait de visiteurs, pourtant aucun témoin n’a vu la scène. Les premiers éléments de l’enquête permettent d’établir que plusieurs agresseurs étaient probablement impliqués. Deux portraits-robots sont diffusés, sans résultat. Des traces de sang relevées sur les lieux, peut-être celles d’un des assaillants blessés, n’ont jamais conduit à une identification ADN. Faute de nouveaux indices, l’affaire est classée sans suite en 2009.
Un espoir ravivé grâce à un nouvel appel à témoins
Seize ans après le non-lieu, le pôle Cold Case de Nanterre a rouvert le dossier. Sa stratégie repose sur une vidéo percutante diffusée sur les réseaux du ministère de l’Intérieur. L’objectif : réveiller les souvenirs de ceux qui fréquentaient le parc ce jour-là. « Ce qui peut sembler anodin pour un promeneur peut devenir capital pour les enquêteurs », rappelle Yves Badorc, procureur de Nanterre. Cette initiative s’inscrit dans une série d’affaires relancées par le programme « En quête d’indices », déjà utilisé pour plusieurs dossiers en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pour la famille d’Ariane Guillot, c’est un nouvel espoir après des années de silence. Son frère, Tristan, veut croire que la lumière peut encore être faite : « Elle était lumineuse, elle l’est toujours pour nous. Pour elle, il faut continuer à chercher. » Près d’un quart de siècle après les faits, le souvenir de la jeune femme plane toujours sur la colline du Château. Le temps a passé, mais la justice espère encore que la mémoire, elle, n’a pas tout effacé.