Les faits ont semé la stupeur dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital de Montreuil. Une infirmière de 26 ans, aujourd’hui suspendue, a été mise en examen pour agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, après s’être rendue d’elle-même au commissariat de Clichy-sous-Bois le mercredi 30 juillet. Son ancien compagnon, âgé de 28 ans, a également été mis en examen, pour complicité et instigation à des violences sexuelles.
Une dénonciation spontanée et des vidéos accablantes
La jeune femme aurait déclaré aux enquêteurs avoir agi sous l’emprise de son ex-conjoint. Selon le parquet de Bobigny, elle aurait reconnu avoir filmé des actes commis sur des nouveau-nés dans son service et transmis les vidéos, dont certaines à caractère pédopornographique. Les images, retrouvées sur ses appareils, ont permis d’identifier au moins deux nourrissons victimes. C’est la diffusion de vidéos sur TikTok, dénonçant un supposé scandale au sein d’un hôpital de Seine-Saint-Denis, qui aurait précipité les aveux de la mise en cause. Un homme y affirmait qu’« on maltraite des enfants noirs à caractère sexuel ». Le parquet précise toutefois qu’aucune motivation raciste ne ressort de l’enquête à ce stade : l’un des bébés identifiés est blanc, l’autre noir.
Un scandale isolé qui plonge les familles dans l’inquiétude
L’affaire, relayée massivement sur les réseaux sociaux, a provoqué une vague d’angoisse chez de nombreuses familles, certaines ayant accouché à Montreuil plusieurs mois auparavant. La direction du groupement hospitalier Grand Paris Nord-Est s’est exprimée vendredi dans un communiqué : elle dénonce une « dérive personnelle grave » qui ne reflète « en aucun cas une pratique collective de service ». L’infirmière ne travaillait pas à la maternité mais uniquement en réanimation néonatale, auprès des bébés prématurés. L’établissement a suspendu l’infirmière à titre conservatoire dans l’attente des conclusions judiciaires. L’information judiciaire ouverte pour agressions sexuelles, production et diffusion de contenus pédopornographiques se poursuit.