L’Iran confirme l’arrestation de Lennart Monterlos, jeune cycliste franco-allemand disparu depuis mi-juin
L’Iran confirme l’arrestation de Lennart Monterlos, jeune cycliste franco-allemand disparu depuis mi-juin

Après plusieurs semaines de silence et d’inquiétude croissante autour de la disparition de Lennart Monterlos, jeune cycliste franco-allemand de 18 ans porté disparu en Iran depuis le 16 juin, les autorités iraniennes ont confirmé son arrestation. Abbas Araghchi, ministre iranien des affaires étrangères, l’a reconnu : « Il a été arrêté pour avoir commis un délit, et une notification officielle a été transmise à l’ambassade de France à Téhéran », a déclaré Abbas Araghchi, sans toutefois préciser la nature exacte de l’infraction reprochée au jeune homme.

Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a réagi avec prudence : « Nous sommes en contact avec les autorités iraniennes au sujet de la situation de notre ressortissant. Nous sommes également en lien étroit avec sa famille. Aucune information supplémentaire ne sera communiquée à ce stade, pour des raisons de sécurité. » Le Quai d’Orsay a de nouveau appelé les ressortissants français à ne pas se rendre en Iran, en raison du climat sécuritaire très tendu.

Un voyage initiatique brutalement interrompu

Lennart Monterlos, originaire de Besançon, était parti pour un voyage à vélo de 35 000 kilomètres entre la France et le Japon, un projet qu’il documentait régulièrement sur ses réseaux sociaux. Diplômé d’un baccalauréat franco-allemand en 2024, il avait décidé de consacrer son année de césure à cette traversée de 35 pays, intitulée « 400 jours à vélo ».

Après une première étape à travers l’Europe jusqu’à l’Iran entre juin et décembre 2024, Lennart était rentré en France pour les fêtes de fin d’année. Il avait ensuite repris la route le 24 mai 2025, à partir de Varzaneh, une petite ville située dans le centre du pays, à environ 85 kilomètres à l’est d’Ispahan.

Dans ses dernières publications, le jeune cycliste se montrait enthousiaste : « L’Iran est un pays merveilleux, avec une histoire fascinante et une hospitalité incroyable. C’est aussi un pays controversé, qui fait peur à beaucoup. Mais pour moi, jusqu’à maintenant, l’expérience a été très positive », écrivait-il sur son compte Instagram le 12 juin.

Mais sa dernière apparition en ligne, le 15 juin, évoque une sortie en solitaire dans le désert iranien, où il s’aventure entre « dunes, serpents et dromadaires ». « Aujourd’hui, je quitte le confort pour une aventure folle dans le désert et la chaleur… avec des litres d’eau sur moi », disait-il en vidéo. Il n’a plus donné signe de vie depuis.

Un contexte géopolitique explosi

L’arrestation de Lennart Monterlos intervient dans un contexte régional extrêmement tendu. La zone où il a été vu pour la dernière fois, à proximité d’Ispahan, se trouve non loin de sites nucléaires sensibles iraniens, régulièrement surveillés et parfois visés par des opérations militaires ou des cyberattaques.

Le 13 juin, soit trois jours avant la disparition du jeune homme, l’armée israélienne aurait ciblé des installations nucléaires dans la région d’Ispahan, selon plusieurs médias internationaux, notamment Reuters et Al Jazeera. Ces frappes ont été suivies par de nouvelles opérations militaires les 20, 21 et 22 juin, attribuées à des forces américaines ou israéliennes, selon les sources. Ces événements ont renforcé l’état d’alerte au sein des forces de sécurité iraniennes.

Dans ce contexte de méfiance aiguë envers les étrangers, perçus parfois comme des espions potentiels, la présence d’un jeune Européen dans une zone sensible, muni de caméras et d’un téléphone avec géolocalisation, pourrait avoir été interprétée par les autorités comme suspecte.

Les inquiétudes grandissent autour de son sort

Le Comité de soutien à Lennart Monterlos, formé par des proches, a lancé plusieurs appels, notamment via Change.org, pour réclamer des informations claires sur son sort et sa libération rapide. Son père, dans un entretien accordé à France Info, a exprimé son angoisse : « Mon fils n’a rien fait de mal. C’est un jeune idéaliste qui rêve de découvrir le monde, pas un agent ou un provocateur. »

L’affaire Lennart Monterlos n’est pas isolée. Depuis plusieurs années, plusieurs ressortissants européens ont été arrêtés en Iran dans des conditions similaires. Certains ont été accusés d’espionnage, d’autres simplement de non-respect des règles locales. On se souvient notamment des cas de Benjamin Brière, libéré en mai 2023 après trois ans de détention, ou encore de Fariba Adelkhah, chercheuse franco-iranienne arrêtée en 2019.

Le gouvernement français déconseille fermement tout voyage non essentiel vers l’Iran, comme rappelé dans les conseils aux voyageurs actualisés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

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