L’Algérie persiste : Boualem Sansal rejugé ce mardi en appel malgré son état de santé
L’Algérie persiste : Boualem Sansal rejugé ce mardi en appel malgré son état de santé

Condamné en mars dernier à cinq ans de prison, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, 80 ans, comparaît à nouveau ce mardi devant la cour d’appel d’Alger. Malade d’un cancer, incarcéré depuis plus de 200 jours, l’intellectuel continue de faire l’objet d’un acharnement judiciaire à la frontière de l’absurde et du politique. Il lui est reproché d’avoir évoqué, dans un entretien au média Frontières, que l’Algérie actuelle s’est construite sur des territoires historiquement marocains.

Un écrivain pris en otage par le régime algérien

À travers ce procès, c’est moins une prétendue atteinte à l’unité nationale qu’un procès en hérésie politique que mène le régime algérien contre un intellectuel libre, critique, francophone et respecté. Sa condamnation avait suscité une vague d’indignation en France, y compris du Quai d’Orsay et du président Macron. Mais malgré les appels diplomatiques répétés et les multiples initiatives en France dont la campagne #JeLisSansal soutenue par plus de 60 mairies, Alger reste sourde.

Ses proches espèrent qu’une grâce présidentielle, peut-être le 5 juillet à l’occasion de la fête nationale algérienne, viendra interrompre cette mascarade judiciaire. Car maintenir en détention un homme malade de 80 ans pour un propos tenu à l’étranger, c’est faire honte à la justice et à l’idée même de liberté d’expression.

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