Bénouville et Hérouville-Saint-Clair : une enseignante jugée à Caen pour maltraitance sur des élèves de maternelle et de primaire @Capture BFM TV
Bénouville et Hérouville-Saint-Clair : une enseignante jugée à Caen pour maltraitance sur des élèves de maternelle et de primaire @Capture BFM TV

L’audience avait des allures de théâtre absurde, ce jeudi 21 août, au tribunal de La Roche-sur-Yon. Un homme de 41 ans, poursuivi pour violences contre son père, est arrivé en titubant devant la juge. À peine installé, la présidente de l’audience lui a lancé sans détour : « Vous avez bu de l’alcool avant de venir ici ? » Le prévenu, t-shirt lâche et démarche incertaine, a nié, mais son état trahissait un malaise profond. Les faits remontent à octobre 2024. Séparé de sa compagne, l’homme vivait chez son père à Luçon. Ce soir-là, après une nuit d’alcool avec des amis, le vacarme a exaspéré le père, qui a demandé à tout le monde de quitter la maison. Le fils s’est emporté et l’a bousculé violemment, le faisant tomber dans un panier de légumes. Ce n’était pas une première : le père a évoqué « quelques écarts » antérieurs et confié à la barre qu’il ne se sentait pas vraiment en sécurité à ses côtés.

Un fils dans le déni, un père inquiet

À l’audience, le quadragénaire a minimisé les faits, parlant d’une « simple poussette ». Mais le dossier est accablant : cette nuit-là, il affichait 2,20 grammes d’alcool par litre de sang. La juge l’a confronté à la réalité : « Vous êtes alcoolique, monsieur, et cette addiction vous rend violent. » Le prévenu, moqueur, a lâché : « Alcoolique ? Y’a un docteur ici ? », provoquant quelques rires dans la salle. Derrière l’ironie, l’absence de prise de conscience inquiétait visiblement la magistrate. Face à elle, le père s’est montré moins offensif que soucieux. Il n’a pas porté plainte à titre personnel mais a insisté pour qu’une solution soit trouvée. « Je n’ai plus l’âge de recevoir des coups, je veux qu’il s’en sorte », a-t-il déclaré, espérant que l’audience provoque un déclic chez son fils.

La justice mise sur les soins plutôt que sur la sanction

La procureure a rappelé la gravité des faits et l’attitude dangereuse du prévenu. Elle a requis six mois de prison avec sursis probatoire, assortis de travaux d’intérêt général et d’une obligation de soins. Mais son avocate a plaidé l’état de souffrance psychologique et la dépression aggravée par l’alcool, arguant que son client n’était « pas méchant » mais incapable de se contrôler lorsqu’il buvait. Le tribunal a tranché en privilégiant la voie thérapeutique. L’homme a été condamné à quatre mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans, uniquement assorti d’une obligation de soins. Une manière de lui tendre la main plutôt que de le précipiter dans l’engrenage carcéral, avec un avertissement clair : sans traitement, la chute pourrait être définitive.

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