France – Belgique : trafic de déchets, magouilles et billets sales
France – Belgique : trafic de déchets, magouilles et billets sales

Le parquet de Lille a annoncé hier mercredi 21 mai que huit personnes ont été interpellées dans un vaste trafic de déchets : des centaines de tonnes de gravats balancés dans la nature, des métaux volés expédiés à l’étranger, un réseau familial bien huilé, et à l’arrivée : plusieurs millions d’euros dans les poches. L’affaire a éclaté en mai, mais le trafic durait depuis des mois. Huit suspects, dont plusieurs membres d’une même famille, ont été interpellés entre la France et la Belgique. Deux d’entre eux ont été écroués.

Décharges sauvages, corruption et faux contrats

Entre septembre 2024 et avril 2025, ce sont 4 483 tonnes de déchets – potentiellement pollués – qui ont traversé la frontière franco-belge pour être enfouis en douce, brûlés illégalement ou tout simplement jetés dans les bennes municipales autour de Lille. Le tout pour un gain estimé à plus d’un million d’euros. Une partie de ces déchets a été « confiée » à bas prix à des tiers peu regardants. Certains chauffeurs auraient même été corrompus pour faciliter le transport. L’Urssaf, de son côté, estime que 48 travailleurs ont été employés au noir sur l’année 2024, causant un préjudice de plus de 600 000 euros.

Vols organisés et filières internationales

L’histoire ne s’arrête pas aux gravats. Depuis septembre 2023, les enquêteurs ont découvert que le réseau s’était aussi attaqué à des entreprises métallurgiques. Une société belge a été cambriolée à 36 reprises, pour un butin évalué à 1,2 million d’euros. Une entreprise française aurait aussi été ciblée. Dans les deux cas, les voleurs auraient bénéficié de complicités internes. Les métaux récupérés étaient ensuite triés, puis revendus en Chine, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. L’enquête, ouverte en juin 2024, vise une impressionnante liste de chefs : escroquerie et gestion illégale de déchets en bande organisée, corruption, travail dissimulé, association de malfaiteurs, et blanchiment aggravé. Lors des perquisitions, les autorités ont mis la main sur près de 200 000 euros en liquide ainsi que des armes de catégorie A et B. Une opération d’envergure menée des deux côtés de la frontière.

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