Coutances : sous emprise, elle ose briser le silence, il est enfin condamné
Coutances : sous emprise, elle ose briser le silence, il est enfin condamné

Elle avait tout quitté pour le suivre en France. Enceinte, isolée, sans papiers ni réseau, elle s’est retrouvée enfermée dans un quotidien de violence. Le 5 juin 2025, le tribunal de Coutances a condamné son compagnon à 18 mois de prison avec sursis probatoire. Depuis 2019, cette femme, arrivée d’Espagne avec lui, vivait sous son contrôle permanent. Il interdisait les sorties, les appels à la famille, surveillait les moindres faits et gestes. Les voisins, eux, voyaient bien les hématomes, les cris, les détresses muettes. Plusieurs fois, ils l’ont recueillie. Une première plainte, vite étouffée. Trois enfants nés dans ce climat. Et puis, un jour de mai 2024, elle s’est réfugiée chez une voisine, couverte de traces de coups. Cette fois, la parole a tenu bon.

Une emprise patiemment déconstruite

À l’audience, elle raconte : les interdits, l’isolement, la peur. Elle ne parlait pas le français, ne connaissait personne. Même ses papiers, elle les confiait à sa voisine de peur qu’ils disparaissent. Les enfants ont été placés, le temps de les mettre à l’abri. Elle, elle s’est reconstruite pas à pas. Un travail, un logement, une procédure en cours pour récupérer ses enfants. Lui nie tout. Il accuse, se victimise, évoque une machination. Pourtant, son casier judiciaire espagnol porte la trace de trois condamnations pour violences conjugales. Les autorités françaises avaient déjà pris une ordonnance de protection, qu’il a violée dès le mois suivant. Le tribunal ne s’y est pas trompé : interdiction de contact, obligation de soins, indemnisation. La justice a entendu. Enfin.

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