La scène aurait pu tourner au drame. À Dieppe, un homme et une femme, déjà connus pour des violences réciproques, ont de nouveau été jugés ce 30 juin pour une série d’agressions conjugales sur fond d’alcool, de jalousie et de tensions persistantes. Chacun a livré sa version, mais tous deux ont reconnu la nécessité de mettre fin à leur relation pour le bien de leur fille placée en famille d’accueil.
Dispute, strangulation et coup de couteau
Les faits remontent au 17 mai. Ce soir-là, l’homme, fortement alcoolisé, se rend chez son ex-compagne en compagnie d’un collègue. Il s’endort sur le canapé. À son réveil, la présence de son collègue en pleine conversation avec sa compagne déclenche sa colère. Une altercation éclate, les deux hommes en viennent aux mains. Tentant de s’interposer, la femme se fait violemment repousser à plusieurs reprises. Elle évoquera plus tard une volonté de ne pas « trop l’enfoncer » devant les juges. Le lendemain, malgré une interdiction de contact imposée par la justice, l’homme revient sur les lieux pour, selon lui, réparer des dégâts matériels. Là encore, la situation dégénère. D’après la femme, il l’aurait à nouveau poussée, puis saisi à la gorge à deux mains au point qu’elle aurait vu flou. Profitant d’un moment de relâchement, elle se serait emparée d’un couteau à dents dans la kitchenette, le brandissant pour le faire fuir avant de lui porter un coup au visage.
Condamnations avec sursis et obligations de soins
Déjà condamnés pour des faits similaires, les deux anciens conjoints ont écopé chacun de huit mois de prison. L’homme devra purger quatre mois ferme, les quatre autres étant assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Il a interdiction d’entrer en contact avec la victime, de se rendre à son domicile et de détenir une arme pendant trois ans. Il devra également suivre des soins addictologiques et psychologiques et justifier d’une activité professionnelle. La femme, de son côté, a été condamnée à huit mois avec sursis probatoire, accompagnés des mêmes obligations : soins, interdictions de contact et de détention d’arme. Tous deux devront donc tourner définitivement la page d’une relation marquée par les violences, avec en ligne de mire une éventuelle reconstruction familiale autour de leur fille.