Consentement en gynécologie : une association lance une vaste enquête nationale
Consentement en gynécologie : une association lance une vaste enquête nationale

L’association Stop VOG, qui milite depuis plusieurs années contre les violences gynécologiques et obstétricales, a lancé ce lundi une enquête nationale inédite afin de mesurer le niveau réel d’information et de consentement dont bénéficient les patientes avant un acte médical en gynécologie. L’objectif : produire des données chiffrées et qualitatives sur le vécu des femmes dans les cabinets médicaux. Cette enquête, ouverte à toutes les personnes ayant eu recours à des soins gynécologiques, se veut un outil de mesure pour évaluer si la loi Kouchner de 2002, garantissant un consentement libre et éclairé à chaque acte médical, est effectivement appliquée. Selon l’association, aucune étude n’a jusqu’ici permis de savoir si les patientes ont été suffisamment informées ou ont pu exprimer un réel accord – ou désaccord – au moment des consultations ou interventions.

Une parole trop souvent ignorée

Stop VOG s’appuie sur les nombreux témoignages de femmes qui dénoncent un défaut d’information ou des gestes pratiqués sans leur accord explicite. Pour les militantes de l’association, il ne s’agit pas seulement d’un problème éthique, mais d’un angle mort persistant du système de soins. « On ne peut pas parler de respect du corps et de la personne sans mesurer ce que vivent réellement les patientes », rappellent-elles. L’enquête, rendue accessible en ligne, propose une série de questions sur le déroulement des examens, la qualité des explications fournies, la possibilité donnée de refuser certains gestes ou encore le sentiment de contrainte ou d’impuissance éprouvé dans ces moments. Les résultats permettront, selon l’association, de formuler des recommandations concrètes pour améliorer la pratique et la formation des soignants.

Vers une meilleure prise en compte des droits des patientes

Pour Stop VOG, l’enjeu est autant de faire évoluer les pratiques que de faire entendre la parole des patientes. « Il s’agit de construire une médecine plus respectueuse, dans laquelle chaque personne est véritablement actrice de sa santé », insiste l’association, qui souhaite remettre le consentement éclairé au centre de la relation soignant-soigné. À l’issue de cette consultation citoyenne, les résultats seront présentés aux institutions de santé, aux associations de professionnels et aux établissements de formation. Stop VOG espère ainsi ouvrir un débat de fond sur une réalité encore largement tue, en dépit des principes inscrits dans la loi depuis plus de vingt ans.

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