Il s’était fait un nom sur les terrains de football du Cercle Paul-Bert de Cleunay, à Rennes. Mais c’est dans le box des prévenus que ce jeune homme de 24 ans a vu sa trajectoire basculer. Jugé le 1er juillet par le tribunal correctionnel de Rennes, il a été reconnu coupable d’avoir transporté drogue et argent liquide entre l’Ille-et-Vilaine et les Côtes-d’Armor. Une mission acceptée, selon lui, sur un coup de tête. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 2023, les douaniers l’interceptent sur l’aire d’Armor et d’Argoat, entre Saint-Gilles et Pacé. Dans sa voiture, 77 grammes de résine de cannabis, une dague, et près de 7 700 euros en espèces. Lors de son audition, il reconnaît les faits. Il dit avoir accepté cette « mission » via un groupe Telegram consacré au narcotrafic, sans vraiment mesurer les risques. Sa tâche était simple : remettre l’argent et la drogue à un contact à Lannion. Rémunération prévue : 100 euros.
Un parcours sans histoire, un faux pas et une sanction
Devant les juges, l’avocate du prévenu plaide la maladresse d’un jeune homme sans casier, décrit comme impliqué dans la vie sportive locale, qui aurait agi sans recul. Il aurait récupéré les fonds « après le sport », dans une logique de service plus que de délinquance organisée. Il assure ne pas connaître l’origine de l’argent et réfute toute participation à un réseau. La surprise est aussi familiale. Sa mère, effondrée, dit être tombée des nues. Rien, dans l’éducation ou le quotidien de ce fils qu’elle décrit comme stable, n’aurait pu laisser penser à une telle dérive. Pas de problème financier. Pas de fréquentations connues pour leur dangerosité. Juste un faux pas, isolé, selon la défense. Le prévenu affirme depuis avoir coupé avec tout usage de stupéfiants. Il a quitté Rennes pour s’installer à Annemasse, en Haute-Savoie. Il y travaille aujourd’hui pour une association humanitaire suisse dans le domaine du fundraising. Reconnu coupable, il a été condamné à huit mois de prison avec sursis, une interdiction de port d’arme durant trois ans, et une amende de 700 euros aux douanes. Une leçon, peut-être, pour un ex-sportif emporté dans un engrenage qu’il dit ne pas avoir vu venir.