Argentan : une mère condamnée pour avoir refusé de rendre ses enfants à leur père
Argentan : une mère condamnée pour avoir refusé de rendre ses enfants à leur père

La justice a tranché, mardi 24 juin 2025, dans une affaire familiale complexe où une habitante d’Argentan, dans l’Orne, a été reconnue coupable d’avoir refusé à plusieurs reprises de restituer ses enfants à leur père, après les périodes de droit de visite. La trentenaire a été sanctionnée par le tribunal, qui a suivi les réquisitions du parquet en lui imposant un stage de responsabilité parentale dans un délai de six mois, sous peine d’une amende de 800 euros. Tout a débuté un an plus tôt, en juin 2024, lorsque le père, titulaire de la résidence principale des enfants depuis une décision de justice rendue en 2019, s’est rendu au commissariat pour signaler une nouvelle entrave à ses droits. Il affirmait que son ex-compagne refusait de lui rendre leurs deux enfants à l’issue de son droit de visite, en l’accusant, ainsi que sa nouvelle conjointe, de comportements violents, notamment de douches froides imposées aux enfants.

Des accusations de violence jamais formalisées par plainte

À la barre, la mère de famille a affirmé avoir elle-même subi des violences pendant les neuf années de leur relation et déclaré que les enfants exprimaient leur peur à l’idée de retourner chez leur père. Elle a désigné la compagne actuelle de ce dernier comme étant particulièrement brutale, évoquant des bleus régulièrement constatés sur les corps des enfants. Toutefois, aucune plainte n’a été déposée, ni signalement effectué aux autorités, malgré des procédures judiciaires antérieures. Le procureur a rappelé que cette absence d’action officielle allait à l’encontre de la logique judiciaire. Il a fustigé une attitude consistant à « vouloir en faire à sa guise », soulignant que des décisions de justice s’imposent à tous. Il a également mentionné les résultats de l’expertise psychiatrique, qui a révélé chez la prévenue un trouble de la personnalité borderline, accompagné d’un historique d’hospitalisations en psychiatrie. Une injonction de soins a été jugée nécessaire. Malgré la complexité de la situation, le tribunal a estimé que la mère avait fait obstacle au respect du droit parental, mettant en péril l’équilibre des enfants. Les magistrats ont donc prononcé une mesure éducative plutôt qu’une sanction pénale, insistant sur la nécessité de rappeler les responsabilités qui incombent à chaque parent.

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