Antony Price, l’artisan du glam rock, s’éteint à 80 ans
Antony Price, l’artisan du glam rock, s’éteint à 80 ans

Le couturier britannique Antony Price, qui a redéfini les codes du style dans l’univers musical des années 70 et 80, est mort mardi à l’âge de 80 ans. Réputé pour avoir façonné l’esthétique flamboyante de Roxy Music ou encore signé les tenues de David Bowie, il laisse derrière lui une œuvre à la fois sophistiquée, fantasque et résolument avant-gardiste.

Une vision flamboyante de la mode musicale

Si le grand public ignorait souvent son nom, Antony Price a pourtant été l’architecte visuel d’une époque marquée par l’extravagance et l’audace vestimentaire. Dès les années 1970, il impose sa patte sur les tenues du groupe Roxy Music, mêlant costumes ajustés et sensualité assumée. Ce style, aussi théâtral qu’élégant, devient indissociable de l’identité visuelle du groupe, jusqu’à figurer sur les pochettes d’albums — une première à l’époque pour un designer.

Il signe également les looks iconiques de stars telles qu’Amanda Lear, Jerry Hall ou encore Marilyn Cole, dans des mises en scène sulfureuses devenues cultes. Sa capacité à sublimer les silhouettes tout en conservant une précision de tailleur impressionne jusqu’aux figures du glam rock : Mick Jagger porte ses pantalons ultra-ajustés, David Bowie une veste signée Price dans le clip As the World Falls Down (1986). D’après Vogue Business, son approche singulière, presque irréelle, lui permettait de bâtir des univers entiers autour d’un vêtement.

L’inventeur du “camp” avant l’heure

Né dans le Yorkshire en 1945, Antony Price se forme à la Bradford Art School avant de rejoindre le Royal College of Art, d’où il sort diplômé en 1968. En 1979, il ouvre Plaza, une boutique futuriste sur King’s Road à Londres, où les vêtements surgissaient des murs selon la taille commandée. Il conçoit lui-même l’espace, les logos, les publicités et le slogan devenu culte : « Clothes for studs and starlets ».

Précurseur du style “camp”, selon plusieurs historiens de la mode, il mélange les codes du glamour hollywoodien, de la provocation disco et de la rigueur savante du tailoring anglais. Au fil des décennies, son influence s’étend aux mannequins stars des années 80-90 et jusqu’à la royauté britannique : selon la presse britannique, il aurait récemment habillé la reine Camilla.

En novembre 2025, il signe un retour remarqué en collaborant avec Marco Capaldo, directeur artistique de la marque 16Arlington. Le défilé, uniquement composé de célébrités comme Katy Perry, marque son ultime coup d’éclat, après trente ans de retrait de la scène créative. À l’annonce de sa mort, 16Arlington a salué sur Instagram « l’un des designers britanniques les plus influents de sa génération ».

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