Encerclée par une patinoire installée pour les fêtes de fin d’année, la statue de Luciano Pavarotti provoque la controverse en Italie. Nicoletta Mantovani, veuve du célèbre ténor, a dénoncé une initiative qu’elle juge indigne de la mémoire de son mari. Malgré les excuses du maire, la statue restera au centre de la piste.
À Pesaro, ville italienne connue pour son attachement à l’opéra et au compositeur Rossini, la magie de Noël a pris cette année un tour glissant. En cause : l’installation d’une patinoire éphémère sur la piazzale Lazzarini, qui englobe intégralement la statue en bronze de Luciano Pavarotti, inaugurée en 2024 à deux pas du Teatro Rossini. Représentant le ténor bras écartés, mouchoir en main et costume de scène sur le dos, le monument se retrouve aujourd’hui littéralement figé dans la glace. Le maire de la ville, Andrea Biancani, a même invité les enfants à « taper dans sa main en passant », déclenchant l’indignation de Nicoletta Mantovani.
« Une offense à sa mémoire »
Dans une interview au quotidien Il Resto del Carlino, la veuve du chanteur s’est dite « choquée et blessée » par cette mise en scène. Elle affirme ne pas avoir été consultée et déplore que l’image de Pavarotti soit ainsi utilisée de manière « grotesque ». Pour elle, ce choix transforme un hommage en caricature : « Nous sommes partis d’un monument pour l’honorer, et nous aboutissons à le ridiculiser », a-t-elle déclaré. Elle qualifie l’installation de « laide » et « irrespectueuse », insistant sur le fait que « Luciano mérite bien plus que cela ». Une critique reprise par plusieurs titres de la presse étrangère, comme The Guardian ou Die Welt, qui évoquent une « moquerie ».
Face à l’ampleur de la polémique, la mairie a reconnu une erreur. Lors d’un point presse, Andrea Biancani a exprimé ses « regrets », tout en assurant qu’il n’y avait « aucune intention de nuire à la mémoire du maestro ». Il a toutefois exclu le déplacement de la statue, invoquant des raisons techniques et un coût trop élevé. Le monument restera donc planté au milieu de la glace jusqu’à la fin des festivités.
Un message anonyme et une promesse pour l’avenir
L’émotion a gagné les rues de la ville. Le 27 novembre, un message manuscrit anonyme a été retrouvé accroché au cou de la statue. Il s’adressait directement à Nicoletta Mantovani : « Chère Nicoletta… aucun manque de respect, le maestro serait simplement heureux d’être entouré d’enfants qui s’amusent. Pesaro l’a aimé, l’aime et l’aimera toujours. »
Le maire promet d’étudier une solution différente pour les prochaines années. En attendant, les habitants continuent de patiner autour du bronze figé de Pavarotti, dont le célèbre air de La Bohème – « Che gelida manina » – prend aujourd’hui un sens étrangement littéral.