Washington sanctionne un réseau transnational accusé de recruter d’anciens militaires colombiens pour la guerre au Soudan
Washington sanctionne un réseau transnational accusé de recruter d’anciens militaires colombiens pour la guerre au Soudan

Les États-Unis ont annoncé mardi de nouvelles sanctions visant des acteurs accusés d’alimenter la guerre au Soudan, en s’attaquant à un réseau transnational impliqué dans le recrutement et la formation d’anciens militaires colombiens — y compris d’enfants soldats — pour combattre au sein des Forces de soutien rapide (RSF), groupe paramilitaire accusé de graves exactions. Le département du Trésor américain a indiqué dans un communiqué avoir sanctionné quatre personnes et quatre entités, majoritairement colombiennes, liées à ces opérations.

Selon Washington, ce réseau a commencé dès 2024 à envoyer des centaines d’anciens soldats colombiens au Soudan pour combattre aux côtés des RSF, que les États-Unis accusent de génocide. Ces combattants auraient apporté une expertise tactique et militaire de haut niveau : entraînement, pilotage de drones, artillerie, infanterie et encadrement, certaines recrues étant même chargées de former des enfants à combattre pour les paramilitaires.

Le Trésor américain affirme que ces anciens militaires ont participé à des batailles dans plusieurs zones du pays, dont Khartoum et al-Fashir, deux épicentres du conflit entre les RSF et l’armée soudanaise, affrontements déclenchés en avril 2023. Washington dénonce la brutalité des RSF, accusées de viser délibérément des civils, y compris des nourrissons, et d’avoir profondément déstabilisé la région.

« Les RSF ont démontré à maintes reprises leur volonté de cibler les civils (…) Leur brutalité a aggravé le conflit et créé un terreau fertile pour les groupes terroristes », a déclaré John Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier. Parmi les personnes sanctionnées figure Alvaro Andres Quijano Becerra, Colombien et Italien, ancien officier de l’armée colombienne résidant aux Émirats arabes unis, accusé d’être l’un des principaux recruteurs et coordinateurs du déploiement de militaires colombiens au Soudan.

Ces sanctions reflètent une intensification de la pression américaine pour tenter d’endiguer un conflit meurtrier qui s’enlise et menace d’embraser davantage la région.

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