Les États-Unis ont officiellement désigné mardi les branches égyptienne, libanaise et jordanienne des Frères musulmans comme organisations terroristes internationales, invoquant notamment leur soutien au mouvement palestinien Hamas. Cette décision entraîne l’imposition de sanctions contre l’un des mouvements islamistes les plus anciens et les plus influents du monde arabe.
La mesure, initiée par Washington dès le mois de novembre, a été formalisée par le département du Trésor américain. Selon les autorités américaines, ces trois sections sont accusées de soutenir ou d’encourager des attaques violentes visant Israël et ses alliés, justifiant ainsi leur inscription sur la liste noire des organisations terroristes.
Dans un communiqué, le Trésor a estimé que les Frères musulmans se présentaient comme des organisations civiques légitimes tout en apportant, selon lui, un soutien explicite à des groupes armés. Washington affirme que ces structures opèrent dans l’ombre pour promouvoir des actions violentes sous couvert d’activités politiques ou sociales.
La décision a été saluée par l’Égypte, où les Frères musulmans sont interdits et classés organisation terroriste depuis plusieurs années. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a qualifié cette désignation d’« étape cruciale », estimant qu’elle reflète la dangerosité du mouvement, son idéologie qualifiée d’extrémiste et la menace qu’il représenterait pour la sécurité régionale et internationale.
Fondés en 1928, les Frères musulmans ont longtemps occupé une place centrale dans la vie politique égyptienne. Ils avaient remporté la première élection présidentielle libre du pays en 2012, avant d’être renversés par l’armée un an plus tard à la suite de vastes manifestations contre leur gouvernement. Depuis lors, le mouvement fait l’objet d’une répression sévère de la part des autorités égyptiennes.
La désignation américaine risque d’avoir des répercussions diplomatiques et politiques au Moyen-Orient, où les Frères musulmans disposent encore de réseaux et de soutiens variables selon les pays. Elle s’inscrit également dans un contexte de durcissement de la politique américaine vis-à-vis des mouvements islamistes accusés de liens avec des groupes armés dans la région.