Des centaines de délégués du Parti communiste vietnamien se réunissent à partir de lundi à Hanoï, sous haute sécurité, pour un congrès décisif chargé de désigner le dirigeant suprême du pays à parti unique et de définir les grandes orientations économiques pour les années à venir. Cet événement, organisé tous les cinq ans selon des procédures largement opaques, s’étalera sur une semaine.
Le congrès pourrait consolider, voire étendre, le pouvoir de l’actuel secrétaire général Tô Lâm, devenu le visage du Vietnam sur la scène internationale. Environ 1 600 délégués doivent élire un Comité central de 200 membres, lequel choisira ensuite un Politburo composé de 17 à 19 personnes, au sein duquel sera désigné le secrétaire général.
Selon des responsables informés du processus, Tô Lâm, 68 ans, cherche à conserver son poste et pourrait également viser la présidence de l’État, récemment occupée par un ancien chef militaire. Si sa reconduction à la tête du parti est largement anticipée, la décision concernant la présidence devrait intervenir ultérieurement et reste plus incertaine.
Arrivé au sommet du pouvoir après le décès de son prédécesseur Nguyen Phu Trong en juillet 2024, Tô Lâm est considéré comme un dirigeant prêt à prendre des risques. Il a lancé la réforme administrative la plus ambitieuse depuis des décennies, supprimant des dizaines de milliers de postes pour accélérer la prise de décision, avec des effets encore en cours d’évaluation.
Cette transformation s’est accompagnée d’un ralentissement de la vaste campagne anticorruption menée sous Nguyen Phu Trong, que Tô Lâm avait contribué à diriger lorsqu’il était ministre de la Sécurité publique. Si cette campagne a provoqué la chute de figures de premier plan, elle avait aussi paralysé certaines décisions gouvernementales, facilitant indirectement l’ascension de Tô Lâm.
Sur le plan économique, le dirigeant a encouragé des projets d’infrastructures et des réformes destinées à attirer les investisseurs étrangers, tout en suscitant des inquiétudes sur les risques de favoritisme et de gaspillage. Parallèlement, dans un pays sans opposition politique tolérée, il a supervisé un renforcement de l’appareil sécuritaire et un contrôle accru des médias et des dissidents.
Outre les nominations, le congrès doit adopter une résolution programmatique fixant les priorités pour les cinq prochaines années. Un projet publié à l’automne met l’accent sur la sécurité, la diplomatie et la défense dans un monde jugé « plus dangereux », ainsi que sur un objectif de croissance annuelle d’au moins 10 %, bien supérieur aux performances récentes. La protection de l’environnement, dans un pays confronté à une pollution croissante, devrait également gagner en importance dans le texte final.