Venezuela : la Chambre américaine rejette de justesse une initiative visant à restreindre les pouvoirs de guerre de Trump AP
Venezuela : la Chambre américaine rejette de justesse une initiative visant à restreindre les pouvoirs de guerre de Trump

La Chambre des représentants des États-Unis a rejeté jeudi, à une voix près, une résolution destinée à empêcher le président Donald Trump de lancer de nouvelles actions militaires au Venezuela sans l’aval du Congrès. Le texte, porté par les démocrates quelques jours après l’échec d’une mesure similaire au Sénat, a été bloqué à l’issue d’un vote à égalité parfaite, 215 voix contre 215.

La résolution prévoyait d’ordonner au président de retirer les forces armées américaines du Venezuela, sauf autorisation explicite du Congrès par une déclaration de guerre ou un texte spécifique validant l’usage de la force. Ce scrutin serré a mis en lumière les inquiétudes persistantes au Capitole, y compris parmi certains républicains, quant à la conduite de la politique étrangère et au rôle constitutionnel du Congrès dans la décision d’entrer en guerre.

Les opposants au texte ont soutenu qu’il était superflu, faisant valoir qu’aucune troupe américaine ne combat actuellement au Venezuela. Des élus républicains ont accusé les démocrates de chercher avant tout à affaiblir politiquement le président. « Nous n’avons personne qui combat au Venezuela », a ainsi affirmé un responsable républicain lors des débats précédant le vote.

Les partisans de la résolution ont au contraire plaidé pour une réaffirmation des prérogatives du Congrès, estimant nécessaire d’éviter que les États-Unis ne s’engagent dans une nouvelle « guerre sans fin », après des décennies d’interventions en Afghanistan et en Irak. Ils ont rappelé que la Constitution confie au pouvoir législatif la responsabilité de déclarer la guerre, et non à l’exécutif seul.

Le débat s’inscrit dans un contexte tendu après l’opération américaine menée début janvier à Caracas, qui a abouti à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et à son transfert aux États-Unis pour y être jugé. Des démocrates reprochent également à l’administration Trump de ne pas avoir présenté de plan clair pour l’avenir politique du Venezuela et d’avoir maintenu en place l’essentiel de l’appareil gouvernemental hérité du pouvoir Maduro.

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