Sarah Mullally a été officiellement confirmée mercredi comme la première femme à prendre la tête de l’Église d’Angleterre en tant qu’archevêque de Canterbury, lors d’une cérémonie ancestrale organisée à la cathédrale Saint-Paul. Cette étape marque son entrée légale en fonctions, après sa nomination intervenue en octobre dernier.
La cérémonie dite de la « Confirmation d’élection » a transformé la cathédrale en tribunal ecclésiastique, selon un rituel mêlant office religieux et procédure juridique. Héritée du droit canonique médiéval, cette tradition solennelle consacre officiellement l’archevêque élu, une fois les serments requis prononcés devant les autorités compétentes.
Âgée de 63 ans, Sarah Mullally devient la 106e archevêque de Canterbury et assume également le rôle de cheffe spirituelle de quelque 85 millions d’anglicans répartis dans 165 pays au sein de la Communion anglicane. Elle a prêté serment d’allégeance devant des évêques de haut rang agissant comme commissaires royaux, sous l’autorité du roi Charles, gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre depuis la rupture d’Henri VIII avec Rome au XVIe siècle.
Dans une déclaration, Sarah Mullally a évoqué un « monde fracturé » traversé par la division et l’incertitude, affirmant sa volonté de promouvoir un « ministère de l’hospitalité » fondé sur le dialogue et la recherche de ce qui unit. Elle a également promis de diriger une Église attentive aux voix longtemps ignorées, notamment celles des victimes et survivants d’abus, alors que l’institution reste confrontée à ses manquements passés en matière de protection des personnes vulnérables.
L’office a mis en avant la diversité de l’Église, rassemblant évêques, membres du clergé, écoliers et chorales locales, ainsi que des participants venus de l’ensemble de l’Église d’Angleterre et de la Communion anglicane. Les hymnes et lectures ont reflété cette pluralité, mêlant une œuvre du compositeur anglais Edward Elgar à un chant xhosa sud-africain, avec une lecture bilingue en anglais et en portugais.
Ancienne infirmière en chef d’Angleterre, Sarah Mullally succède à Justin Welby. Sa nomination a suscité des critiques au sein de certains courants conservateurs de l’anglicanisme mondial, opposés à l’ordination des femmes et divisés sur les questions liées aux relations LGBTQ+. Elle doit être intronisée en mars à la cathédrale de Canterbury, où elle prononcera son premier sermon en tant qu’archevêque.