Le cerveau d’une escroquerie géante en Chine, Qian Zhimin, a été condamné mardi à 11 ans et huit mois de prison par un tribunal britannique pour avoir blanchi les profits d’un système de Ponzi estimé à plusieurs milliards de dollars. L’affaire a conduit à la saisie de plus de 61 000 bitcoins d’une valeur actuelle dépassant les 6 milliards de dollars la plus importante jamais réalisée dans le monde.
Qian, 47 ans, a reconnu avoir blanchi l’argent d’une fraude menée entre 2014 et 2017 via sa société Lantian Gerui, qui avait attiré environ 128 000 investisseurs chinois pour un total de près de 40 milliards de yuans (5,6 milliards de dollars). Près de 6 milliards auraient été détournés avant sa fuite de Chine.
Lors du verdict, la juge Sally-Ann Hales a dénoncé la « pure cupidité » de l’accusée, qui a éclaté en sanglots dans le box. Les procureurs ont affirmé que Qian et ses complices avaient dépensé plus de 13 millions de dollars en bijoux et produits de luxe, tout en transférant massivement des fonds en cryptomonnaie.
Après avoir fui la Chine en passant par plusieurs pays d’Asie du Sud-Est, Qian s’était installée à Londres avec un passeport de Saint-Kitts-et-Nevis. La police britannique a fini par la localiser en 2018, découvrant des appareils contenant les fameux 61 000 bitcoins, dont elle n’a pu accéder aux portefeuilles qu’en 2021.
Son complice Wen Jian avait déjà été condamné l’an dernier pour blanchiment d’argent, tandis qu’un autre associé, Ling Seng Hok, a écopé mardi de cinq ans de prison.
Une bataille juridique devrait désormais s’engager sur le sort des cryptomonnaies saisies. Les autorités britanniques envisagent un mécanisme d’indemnisation pour les victimes de la fraude, dont certaines ont perdu toutes leurs économies, leurs maisons ou leurs mariages.