Le raid militaire qui a conduit à la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », constitue le pari sécuritaire le plus audacieux de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.
Chef du Jalisco New Generation Cartel (CJNG), Oseguera était considéré comme l’un des narcotrafiquants les plus puissants et insaisissables du pays. Recherché par les autorités américaines, qui offraient jusqu’à 15 millions de dollars pour sa capture, il avait échappé pendant des années aux opérations successives menées par les gouvernements mexicains et américains.
L’opération marque une rupture avec la stratégie de sécurité plus prudente de son prédécesseur, souvent critiquée pour son approche moins frontale face aux cartels. Sheinbaum semble désormais privilégier une ligne plus offensive contre les groupes criminels organisés.
Mais les représailles du CJNG ont été rapides et violentes : blocages routiers, véhicules incendiés et attaques contre les forces de sécurité ont mis en lumière l’implantation territoriale étendue du cartel. Des experts mettent en garde contre un risque d’escalade, estimant que l’élimination d’un chef peut provoquer des luttes internes et une flambée temporaire de la violence.
Si l’opération renforce l’image d’autorité de la présidente, elle expose également son gouvernement à un test majeur : contenir les retombées sécuritaires tout en poursuivant la baisse relative des homicides observée ces derniers mois.