Un juge fédéral a ordonné des limitations strictes aux méthodes employées par les agents de l’immigration déployés à Minneapolis, interdisant notamment les arrestations et l’usage de gaz lacrymogènes contre des manifestants et observateurs pacifiques. La décision vise à protéger l’exercice de manifestations non violentes et le droit d’observer les opérations des forces fédérales.
La juge de district Kate Menendez a donné raison à des militants locaux qui dénonçaient des pratiques jugées abusives. Dans une injonction détaillée, elle interdit aux agents fédéraux d’arrêter des personnes participant à des rassemblements pacifiques ou se contentant d’observer, sauf en cas de soupçon raisonnable d’entrave à l’action des forces de l’ordre ou de commission d’une infraction.
L’ordonnance précise également que l’utilisation de gaz poivre, de gaz lacrymogènes ou d’autres munitions de contrôle des foules est proscrite contre des manifestants non violents, des passants ou des personnes filmant les opérations. Les agents ne peuvent pas non plus retenir des conducteurs ou des passagers de véhicules en l’absence d’indices concrets d’obstruction.
Cette décision fait suite à une plainte déposée mi-décembre contre le Department of Homeland Security et d’autres agences fédérales, au nom de manifestants et d’observateurs affirmant que leurs droits constitutionnels avaient été violés par des agents de l’Immigration and Customs Enforcement. La juge a estimé que le gouvernement n’avait pas justifié la nécessité d’arrêter ou d’employer la force contre des observateurs pacifiques.
Le contexte est marqué par de fortes tensions après le déploiement massif de plusieurs milliers d’agents fédéraux dans la région de Minneapolis–Saint Paul, présenté par les autorités comme la plus vaste opération de ce type jamais menée. Ces tensions se sont accentuées après la mort par balle de Renee Good, tuée lors d’une intervention impliquant un agent de l’ICE, un événement qui a déclenché une vague de manifestations.
Des responsables locaux, dont le maire de Minneapolis et le gouverneur du Minnesota, ont contesté la version fédérale des faits et demandé le retrait des agents, estimant que l’opération mettait en danger la population. Des vidéos diffusées par des militants suggèrent que l’usage de la force létale n’était pas justifié, selon eux.
La juge Menendez n’a toutefois pas accédé à l’ensemble des demandes des plaignants. L’injonction s’applique uniquement aux agents déployés dans les villes jumelles de Minneapolis et Saint Paul, et non à l’ensemble de l’État, et ne bloque pas toutes les actions fédérales en dehors des situations explicitement visées par la décision.