Tarn - une éleveuse de chèvres sacrée Miss Agricole 2026 et propulsée ambassadrice du monde paysan
Tarn - une éleveuse de chèvres sacrée Miss Agricole 2026 et propulsée ambassadrice du monde paysan

Le titre de Miss Agricole 2026 revient cette année à une agricultrice du Tarn, dont le quotidien se déroule bien loin des podiums. Crystèle Gourjade, éleveuse de chèvres angoras à Saint-Jean-de-Vals, a été choisie pour représenter la diversité et la vitalité des exploitations françaises lors du concours organisé début décembre. Son sacre projette sous les projecteurs une figure déjà bien identifiée dans sa région, pour qui cette distinction est avant tout un outil destiné à valoriser son métier et les productions locales. Dans une exploitation transmise depuis plusieurs générations, la jeune femme élève un troupeau dédié à la production de mohair, qu’elle transforme et commercialise directement. Très active sur les réseaux sociaux, elle partage les étapes de son travail et s’applique à faire découvrir les réalités d’une filière encore méconnue du grand public. À peine couronnée, elle retrouvait d’ailleurs son stand sur un marché de Noël, fidèle à un engagement qui repose davantage sur les rencontres de terrain que sur les cérémonies officielles.

Un concours qui met en avant l’engagement plutôt que l’apparat

Miss Agricole ne reprend pas les codes des concours traditionnels. Les participantes, sélectionnées d’abord via une photo publiée en ligne, doivent ensuite répondre à des questions de fond pour accéder à la finale. Elles y abordent des enjeux tels que l’avenir de la politique agricole, la mise en valeur des circuits courts ou la place des productions françaises dans la restauration. Ce format, qui privilégie la connaissance du terrain et l’implication professionnelle, s’éloigne volontairement des compétitions plus classiques. Pour les organisateurs, l’objectif est de montrer les réalités humaines qui se cachent derrière les produits du quotidien. Ils soulignent l’importance de donner une visibilité plus forte aux agricultrices, toujours minoritaires dans un milieu encore marqué par des traditions masculines, et dont la présence croissante constitue un mouvement de fond. Cette approche engagée vise aussi à susciter des vocations chez celles qui hésitent encore à se lancer dans les métiers de l’agriculture.

Une ambassadrice déterminée à défendre son territoire

Crystèle Gourjade voit dans cette écharpe une occasion de promouvoir la filière mohair et de faire connaître les métiers ruraux auprès du grand public. Elle compte poursuivre ses actions déjà engagées, notamment à travers sa ferme pédagogique, qui accueille enfants et adultes pour expliquer comment sont fabriqués les vêtements d’hiver qu’ils portent. Sa démarche s’inscrit dans une volonté de rapprocher les consommateurs des exploitations et de donner un visage concret à une profession souvent perçue de loin. Pour la nouvelle Miss Agricole, cette année sera moins faite de défilés que d’échanges, de marchés et d’initiatives destinées à valoriser une agriculture locale et familiale. Un engagement qui, selon les organisateurs, reflète l’esprit même du concours : rappeler que derrière chaque produit se trouve une histoire, un territoire et celles et ceux qui les font vivre.

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