La médiatrice des droits humains de Colombie a annoncé samedi que sept enfants ont été tués lors d’une frappe aérienne menée plus tôt cette semaine contre le groupe rebelle FARC-EMC, dans le sud du pays. Selon Iris Marin, ces mineurs avaient été enrôlés de force et utilisés comme boucliers humains, une pratique déjà documentée dans les zones rurales où les groupes armés tentent d’étendre leur contrôle.
Une frappe controversée dans un contexte de regain de violence
La médiatrice a appelé le gouvernement et les différents groupes armés à respecter le droit humanitaire international, rappelant qu’aucune opération militaire ne devrait mettre en danger des enfants recrutés de force. Le ministère de la Défense a pour sa part rejeté la responsabilité sur les organisations criminelles, affirmant que toute personne impliquée dans des hostilités perd sa protection, quels que soient son âge ou son statut.
L’incident ravive un débat sensible en Colombie, où un scandale similaire avait provoqué la démission d’un ministre en 2019 après la mort de huit enfants dans un bombardement. Cette fois encore, les autorités militaires affirment que la frappe de mardi a tué au total 19 combattants, dont les mineurs.
Le président Gustavo Petro a expliqué avoir ordonné l’attaque pour empêcher une embuscade contre un petit contingent de soldats, tout en reconnaissant la gravité de la perte de vies humaines. Il avait pourtant suspendu les frappes aériennes à son arrivée au pouvoir pour éviter précisément ce type de drames. Mais la multiplication des groupes armés cherchant à occuper les territoires laissés vacants par l’ancienne guérilla des FARC l’a conduit à reprendre ces opérations depuis l’an dernier.
Critique de longue date des bombardements extraterritoriaux menés par les États-Unis, Petro a assuré que les frappes colombiennes visaient exclusivement des combattants armés qui menacent militaires et civils, affirmant que la situation n’a rien de comparable avec ce qu’il qualifie d’exécutions extrajudiciaires dans la région caraïbe.