La police britannique a annoncé vendredi avoir arrêté Brahim Kaddour Cherif, un ressortissant algérien de 24 ans condamné pour des infractions sexuelles, après sa libération accidentelle survenue fin octobre. L’homme a été interpellé dans le nord de Londres, mettant fin à plusieurs jours de traque qui ont suscité une vive controverse autour du système carcéral britannique.
Cette arrestation intervient dans un contexte de hausse inquiétante du nombre de prisonniers relâchés par erreur au Royaume-Uni, plaçant le ministre de la Justice, David Lammy, sous forte pression politique. Kaddour Cherif avait été libéré par mégarde le 29 octobre, tout comme deux autres détenus dont le fraudeur William Smith, qui s’est depuis rendu de lui-même.
Ce nouvel incident fait suite à un précédent embarrassant : la libération du migrant éthiopien Hadush Kebatu, dont la mise en liberté accidentelle avait provoqué des manifestations devant un hôtel accueillant des demandeurs d’asile. Ces affaires en série alimentent les critiques contre la gestion du parc pénitentiaire britannique, jugé à bout de souffle.
David Lammy s’est dit « consterné » par ces erreurs répétées, tout en promettant de réformer en profondeur un système miné par la surpopulation et le manque de moyens. « Je suis déterminé à m’attaquer à ce problème, mais il y a une montagne à gravir et cela ne se fera pas du jour au lendemain », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le Royaume-Uni fait face à une crise carcérale majeure : le nombre de détenus en Angleterre et au Pays de Galles a doublé en trente ans, contraignant le gouvernement à lancer un programme de libération anticipée pour éviter la saturation des prisons. Les syndicats pénitentiaires et l’opposition dénoncent un sous-investissement chronique, estimant que ces dysfonctionnements traduisent un effondrement de la gestion des établissements pénitentiaires.