Près de 200 000 Ukrainiens arrivés aux États-Unis après avoir fui la guerre se retrouvent aujourd’hui dans un vide juridique, conséquence directe du durcissement des politiques migratoires de l’administration Trump. Beaucoup d’entre eux, accueillis initialement sous des protections temporaires ou des programmes d’urgence, craignent désormais d’être placés en détention ou expulsés.
Selon une vingtaine d’Ukrainiens interrogés par Reuters, les difficultés financières et psychologiques se sont accrues au fil des derniers mois. Certains affirment être incapables de renouveler leurs permis de travail ou d’accéder à des services essentiels, tandis que d’autres disent vivre dans la peur constante d’un contrôle ou d’une arrestation.
Des avocats spécialisés en immigration soulignent que ces familles, souvent arrivées avec peu de ressources, se retrouvent dans une situation particulièrement vulnérable. Plusieurs réfugiés déclarent ne plus pouvoir subvenir à leurs besoins en raison de retards administratifs, de licenciements ou d’une perte soudaine de statut légal.
Face à l’impasse, une minorité d’Ukrainiens choisit ce qu’ils appellent l’« auto-déportation », préférant quitter volontairement les États-Unis afin d’éviter une détention ou des sanctions qui pourraient compromettre leur avenir à long terme. Cette tendance illustre l’anxiété croissante au sein d’une communauté déjà marquée par le traumatisme de la guerre.
Les associations de soutien aux migrants alertent sur un risque humanitaire et appellent à une clarification rapide des règles, estimant qu’un grand nombre de personnes se retrouvent piégées entre l’incertitude administrative et la crainte d’un retour forcé vers un pays toujours en guerre.