Plus de la moitié des Ukrainiens refusent un retrait militaire en échange de garanties de sécurité, selon un sondage
Plus de la moitié des Ukrainiens refusent un retrait militaire en échange de garanties de sécurité, selon un sondage

Une majorité d’Ukrainiens s’oppose à l’idée d’un retrait des forces de la partie orientale de la région de Donetsk encore contrôlée par Kiev, même si cette concession devait s’accompagner de garanties de sécurité européennes et américaines. C’est ce qui ressort d’un sondage publié cette semaine par l’Institut international de sociologie de Kyiv.

Selon cette enquête, 54 % des personnes interrogées rejettent catégoriquement l’hypothèse d’un retrait de certaines zones du Donbass en échange de garanties de sécurité de la part des alliés occidentaux. Environ 39 % se disent prêts à l’accepter à contrecœur, tandis qu’une minorité reste indécise.

L’Ukraine continue de réclamer des garanties de sécurité juridiquement contraignantes, rappelant que les engagements passés n’ont pas empêché l’invasion russe à grande échelle. Kiev subit par ailleurs des pressions de la part de ses alliés, notamment des États-Unis, pour avancer vers un accord de paix, tout en refusant les exigences de Russie visant à la cession des territoires encore sous contrôle ukrainien dans l’est du pays.

Moscou contrôle presque entièrement la région de Louhansk, mais l’Ukraine détient encore environ 20 % de Donetsk, incluant des villes de garnison et des lignes défensives jugées stratégiques. Pour une large partie de la population, abandonner ces positions représenterait un risque majeur pour la sécurité à long terme du pays.

« Même parmi ceux qui seraient prêts à accepter un retrait, les attentes en matière de garanties de sécurité sont très élevées. Si ces garanties sont jugées insuffisantes, le soutien à une telle option diminuerait encore davantage », a expliqué Anton Hrouchetsky, directeur exécutif de l’institut.

L’enquête, menée début janvier auprès de 601 personnes vivant sur les territoires contrôlés par l’Ukraine, montre également un profond scepticisme quant aux perspectives de paix. Près de 70 % des sondés estiment que les négociations en cours n’aboutiront pas à une paix durable.

Environ 57 % pensent par ailleurs que la Russie lancerait une nouvelle offensive en cas de cessez-le-feu établi sur les lignes actuelles, même avec des garanties occidentales. La confiance envers un soutien effectif des alliés reste limitée : 40 % des répondants doutent que Washington interviendrait en cas de nouvelle invasion russe, contre 39 % qui estiment le contraire.

Dans le même temps, la Russie a intensifié ses frappes aériennes, ciblant notamment les infrastructures énergétiques déjà fragilisées, laissant des millions de civils sans électricité ni chauffage en plein hiver.

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