La décision de la Chine d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations de produits laitiers en provenance de l’Union européenne répond à un double objectif : protéger une filière nationale en difficulté et envoyer un message clair à ses partenaires commerciaux, dans un contexte de tensions accrues avec Bruxelles.
Depuis plusieurs années, les éleveurs chinois font face à une surproduction massive de lait. Cette situation a fortement pesé sur la rentabilité du secteur, qui a enregistré des pertes sur les quatre dernières années. Selon des analystes du marché, l’excédent laitier est devenu un facteur central dans la décision de Pékin de relever ses barrières tarifaires, alors que les subventions publiques au secteur ont diminué en 2025 en raison du ralentissement économique et des contraintes budgétaires.
Les nouveaux droits de douane, entrés en vigueur cette semaine, varient de 21,9 % à 42,7 % et concernent notamment le lait, la crème non sucrée ainsi que certains fromages frais et transformés importés de l’Union européenne. Pour les autorités chinoises, cette mesure doit offrir un répit aux producteurs locaux, tout en les encourageant à se tourner vers des produits à plus forte valeur ajoutée, comme le beurre et la crème.
Au-delà de la dimension économique, cette décision s’inscrit aussi dans une logique de représailles commerciales. Elle intervient après l’instauration par l’UE de droits de douane sur les véhicules électriques chinois, un secteur stratégique pour Pékin. La Chine a déjà utilisé des instruments similaires ces derniers mois, notamment en ajustant temporairement les droits de douane sur le porc européen dans le cadre d’enquêtes antidumping visant d’autres produits.
Pour les exportateurs européens, ces nouvelles taxes risquent de compliquer l’accès à l’un des plus grands marchés mondiaux des produits laitiers, alors même que la concurrence internationale s’intensifie. Elles soulignent également la fragilité de l’équilibre commercial entre la Chine et l’Union européenne, où les différends sectoriels tendent de plus en plus à se transformer en leviers politiques.