Norvège : le plus grand gisement de terres rares d'Europe freiné par la protection de la biodiversité
Norvège : le plus grand gisement de terres rares d'Europe freiné par la protection de la biodiversité

L’exploitation du plus important gisement européen de terres rares, situé à Ulefoss dans le sud-ouest de la Norvège, reste à l’arrêt malgré son importance stratégique pour l’Europe. Riche de près de 8,8 millions de tonnes de métaux essentiels à la transition énergétique, numérique et à l’industrie de défense, le site fait l’objet de fortes restrictions en raison de son impact potentiel sur des espèces animales et végétales menacées.

Identifié comme un levier clé pour réduire la dépendance européenne aux importations, notamment en provenance de Chine, le gisement du Fensfeltet est exploité par l’entreprise Rare Earths Norway, qui prévoit une extraction souterraine afin de limiter les atteintes à l’environnement. Mais les installations de surface nécessaires au traitement des minerais devraient s’implanter dans une zone forestière ancienne, reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle.

Un arbitrage délicat entre souveraineté et environnement

Les études environnementales ont recensé près de 80 espèces inscrites sur la liste rouge, parmi lesquelles plusieurs coléoptères liés au bois mort, des champignons rares, des mousses et des essences d’arbres protégées. Ces constats ont conduit les autorités locales et le préfet à s’opposer au projet dans sa configuration actuelle, invoquant également des risques pour les écosystèmes aquatiques.

Face à ces objections, la municipalité explore des sites alternatifs, moins sensibles écologiquement mais contestés tant par les porteurs du projet que par une partie des habitants. Dans une commune marquée par le déclin démographique et le manque d’emplois, les élus locaux soutiennent néanmoins le développement minier, tout en reconnaissant la difficulté de concilier impératifs économiques et préservation de la nature. À ce stade, l’exploitation n’est pas envisagée avant le début des années 2030, illustrant les tensions croissantes entre ambitions industrielles européennes et exigences environnementales.

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