La Russie a déclaré jeudi qu’une commission internationale chargée d’examiner les dommages de guerre en Ukraine n’avait aucune valeur juridique à ses yeux. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé une initiative portée par des puissances européennes, qu’il accuse d’être motivée par des considérations politiques et de propagande contre Moscou.
Cette commission a été lancée mardi par des pays européens afin d’établir un mécanisme permettant à l’Ukraine d’obtenir des indemnisations pour les destructions massives causées par l’invasion russe. Selon les promoteurs du projet, les dégâts matériels et humains se chiffrent à plusieurs centaines de milliards de dollars, incluant des infrastructures civiles, des logements et des sites industriels.
Moscou rejette catégoriquement cette démarche. Le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que la commission ne reposait sur aucun fondement juridique reconnu par la Russie et qu’elle n’avait donc aucune autorité pour formuler des réclamations à son encontre. Les autorités russes estiment que cette initiative vise avant tout à renforcer le discours occidental accusant la Russie de crimes de guerre.
La création de cette commission s’inscrit dans un contexte plus large de discussions européennes sur l’utilisation des avoirs russes gelés à l’étranger. Plusieurs pays de l’Union européenne explorent des moyens juridiques pour employer ces fonds afin de soutenir l’Ukraine et, à terme, contribuer à sa reconstruction, une perspective vivement contestée par Moscou.
La Russie a, à plusieurs reprises, nié toute responsabilité juridique internationale concernant les destructions en Ukraine et averti que toute tentative de saisir ses avoirs constituerait une violation du droit international. Elle a également laissé entendre qu’elle pourrait engager des représailles juridiques ou économiques en cas de telles mesures.
Ce nouvel échange de déclarations souligne la profonde fracture entre Moscou et les capitales européennes sur la question des réparations de guerre. Alors que l’Ukraine et ses alliés cherchent à poser les bases d’un mécanisme d’indemnisation, la Russie campe sur une position de rejet total, rendant toute avancée consensuelle hautement improbable à court terme.