Le bilan de l’explosion survenue samedi devant un commissariat de Coahuayana, dans l’État mexicain du Michoacán, est passé à cinq morts, ont annoncé dimanche les autorités judiciaires. Cinq autres personnes restent hospitalisées.
La déflagration, provoquée par un pick-up piégé, a frappé en pleine journée le centre de cette localité côtière où opèrent plusieurs groupes criminels, dont le puissant cartel Jalisco Nueva Generación. Huit membres de la police communautaire ont été blessés et transportés à l’hôpital, trois d’entre eux succombant ensuite à leurs blessures. Les restes de deux autres victimes ont été retrouvés sur place, dont le conducteur du véhicule explosé.
Selon Héctor Zepeda, commandant de la police communautaire, l’explosion était d’une violence telle que des restes humains ont été projetés dans tout le secteur. Les cartels utilisent fréquemment des explosifs dans la région — largués par drones, dissimulés comme des mines ou placés le long des routes — même si les voitures piégées restent plus rares au Mexique.
La police communautaire de Coahuayana fait partie de ces forces d’autodéfense créées il y a plus de dix ans pour résister aux cartels, et par la suite partiellement institutionnalisées. Dans certaines zones, ces groupes ont toutefois été infiltrés par le crime organisé.
L’explosion est survenue alors que le gouverneur du Michoacán participait à Mexico à un événement public aux côtés de la présidente Claudia Sheinbaum. L’État reste au cœur d’intenses luttes territoriales entre organisations criminelles : en plus d’être une porte d’entrée des précurseurs chimiques nécessaires à la fabrication de drogues de synthèse, la région est aussi un haut lieu de l’extorsion.
Au moins trois des cartels désignés comme organisations terroristes par l’administration Trump — Jalisco Nueva Generación, United Cartels et Nueva Familia Michoacana — y sont actifs, aux côtés de nombreuses factions locales parfois soutenues par le cartel de Sinaloa.