Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a assuré que les responsables impliqués dans le vaste scandale de corruption lié à des projets d’infrastructures défaillants seraient emprisonnés d’ici la fin de l’année. Cette affaire, qui touche notamment des installations de contrôle des inondations défectueuses ou inexistantes, a profondément indigné l’opinion publique et provoqué une nouvelle vague de manifestations dans tout le pays.
Lors d’une conférence de presse télévisée, Marcos a affirmé que les suspects « ne passeront pas un joyeux Noël », tandis que défilaient sur un écran les noms de responsables du ministère des Travaux publics et de dirigeants d’entreprises de construction visés par les accusations. La colère suscitée par cette affaire se nourrit également des inondations catastrophiques provoquées par une récente série de typhons, qui ont mis en lumière les graves défaillances des infrastructures censées protéger la population.
Face à l’ampleur du scandale, le président avait mis en place plus tôt cette année une commission d’enquête chargée d’examiner des projets représentant plusieurs milliards de pesos. Beaucoup de ces installations se sont révélées inachevées, non conformes aux normes, mal documentées ou totalement fictives. Cette politique anticorruption survient dans un contexte de ralentissement économique : la croissance du troisième trimestre a atteint son niveau le plus bas en quatre ans, en partie à cause des dépenses d’infrastructure en chute libre.
Les mobilisations citoyennes se multiplient. Associations, mouvements religieux et organisations de la société civile ont annoncé de nouvelles manifestations ce mois-ci pour exiger davantage de transparence et de responsabilité. Les protestations se sont déjà intensifiées après les inondations dévastatrices qui ont submergé plusieurs provinces.
Marcos a également annoncé que les dépenses publiques, ralenties ces derniers mois par des contrôles plus stricts, seraient relancées d’ici la fin de l’année afin de revenir au niveau prévu dans le plan initial du gouvernement. Au troisième trimestre, les dépenses d’infrastructure ont chuté de 26,2 % sur un an, la plus forte baisse en près de 14 ans, tandis que les dépenses publiques globales ont progressé de seulement 5,8 %.
Les autorités ont déjà gelé 6,3 milliards de pesos environ 108 millions de dollars d’actifs appartenant à des individus et entreprises soupçonnés d’être liés au scandale. Marcos a indiqué vouloir obtenir leur confiscation au profit de l’État. Bien que lui-même fils d’un ancien dirigeant autocratique accusé de corruption, le président a présenté cette offensive anticorruption comme un engagement en faveur d’un gouvernement plus transparent et responsable.