Deux ans après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, de nombreuses familles palestiniennes de Gaza vivent toujours sans électricité, malgré le cessez-le-feu signé le mois dernier. Les habitants, privés de réseau depuis des mois, peinent à s’éclairer, à cuisiner ou même à faire étudier leurs enfants à la tombée de la nuit.
« Nous restons dans l’obscurité dès que le soleil se couche », raconte Hanan al-Joujou, 31 ans, mère de trois enfants déplacée à Rafah. Sa famille, qui vivait auparavant à Gaza-Ville, dépend aujourd’hui d’une simple lampe torche. « Si nous pouvons la recharger, nous mangeons. Sinon, nous dormons sans dîner ni lumière. »
Avant la guerre, Gaza consommait environ 600 mégawatts d’électricité, dont 120 importés d’Israël et 60 produits par sa seule centrale. Mais dès les premières semaines du conflit, en octobre 2023, Israël a imposé un « siège total », coupant l’alimentation électrique après l’épuisement des stocks de carburant.
Selon les autorités locales, plus de 80 % du réseau de distribution a été détruit par les bombardements. La compagnie d’électricité de Gaza estime à 728 millions de dollars les pertes en infrastructures et en matériel. « Depuis deux ans, la quantité d’électricité qui parvient à Gaza est nulle », confirme Mohammed Thabet, porte-parole de la société.
Quelques habitants ont improvisé des bornes de recharge fonctionnant à l’énergie solaire ou grâce à des générateurs, mais ces installations restent rares et souvent ciblées par les frappes. Mohammed al-Hor, un habitant de Nuseirat, raconte que son entreprise de recharge solaire a été détruite : « Notre borne a été bombardée, mon frère est mort à l’intérieur. »
Israël affirme que les infrastructures civiles ne sont pas des cibles militaires « en soi » et que des mesures sont prises pour limiter les dommages aux civils. Le COGAT, l’autorité israélienne chargée de la coordination humanitaire, a indiqué avoir reconnecté certaines lignes électriques destinées aux usines de dessalement, afin de garantir un minimum d’eau potable à la population.
Mais pour la grande majorité des habitants de Gaza, la vie quotidienne reste plongée dans l’obscurité et la survie dépend de la lumière du jour.