L’UE et le Vietnam veulent accélérer leur coopération sur les minéraux, les semi-conducteurs et la 5G « fiable » (AP)
L’UE et le Vietnam veulent accélérer leur coopération sur les minéraux, les semi-conducteurs et la 5G « fiable » (AP)

L’Union européenne et le Vietnam s’apprêtent à renforcer leur coopération économique et stratégique, notamment dans les domaines des minéraux critiques, des semi-conducteurs et des infrastructures numériques, selon un projet de déclaration conjointe qui doit être adopté cette semaine à Hanoï. Cette initiative intervient alors que les deux partenaires entendent hisser leurs relations diplomatiques à leur plus haut niveau.

Le document prévoit une intensification des échanges commerciaux et des investissements dans l’extraction et le traitement durables de ressources stratégiques, en particulier les terres rares et le gallium, dont le Vietnam dispose de gisements encore largement inexploités. Ces matières premières sont essentielles aux technologies de pointe et leur chaîne d’approvisionnement mondiale est aujourd’hui dominée par la Chine, ce qui incite Bruxelles à diversifier ses sources.

Les semi-conducteurs figurent également parmi les priorités. Le Vietnam joue déjà un rôle important dans l’assemblage, le test et le conditionnement de puces, et accueille des acteurs industriels majeurs. Le pays a récemment lancé la construction de sa première usine de production de semi-conducteurs, dans l’objectif de monter en gamme et de renforcer sa place dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

La coopération devrait aussi s’étendre aux infrastructures de télécommunications dites « fiables », en particulier la 5G et la connectivité par satellite. L’Union européenne souhaite promouvoir des technologies et des fournisseurs considérés comme sûrs, alors que le Vietnam a récemment attribué certains contrats 5G à des entreprises chinoises, suscitant des interrogations en Occident sur les enjeux de sécurité.

Sur le plan sécuritaire, le projet de déclaration évoque la possibilité de transferts de technologies et de savoir-faire non sensibles de l’UE vers le Vietnam. Bruxelles manifeste également un intérêt pour des investissements dans les grandes infrastructures vietnamiennes, notamment ferroviaires, alors que Hanoï envisage de développer un réseau national à grande vitesse.

Le texte comporte par ailleurs une dimension géopolitique. Il réaffirme l’attachement des deux parties à un ordre international fondé sur des règles, au respect du droit international et à la stabilité régionale, notamment en mer de Chine méridionale. Il appelle aussi à une paix juste et durable en Ukraine, un signal notable compte tenu des liens historiques du Vietnam avec la Russie.

La déclaration devrait être signée lors d’une rencontre entre le président du Conseil européen Antonio Costa et les dirigeants vietnamiens, quelques jours après la reconduction de To Lam à la tête du pays. Elle s’inscrit dans la continuité de l’accord de libre-échange UE-Vietnam entré en vigueur en 2020 et marque une nouvelle étape dans le rapprochement stratégique entre Bruxelles et Hanoï.

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