L’opposition progressiste thaïlandaise arrive en tête des intentions de vote à quelques semaines des élections générales prévues le 8 février, selon deux sondages publiés dimanche. Le Parti du peuple et son chef Natthaphong Ruengpanyawut apparaissent comme les principaux favoris, plaçant le Premier ministre sortant Anutin Charnvirakul sous forte pression.
D’après un sondage réalisé par l’institut Suan Dusit début janvier, le Parti du peuple recueille 34,2 % des intentions de vote, loin devant le parti conservateur Bhumjaithai d’Anutin (16,2 %) et le Pheu Thai, ancien parti dominant, à 16 %. Natthaphong est également cité comme premier choix pour le poste de Premier ministre par 32 % des personnes interrogées, contre 15,1 % pour Anutin.
Un second sondage, mené par l’Institut national d’administration du développement (NIDA), confirme cette tendance. Il place Natthaphong en tête des préférences pour le poste de chef du gouvernement avec 24,7 %, tandis que le Parti du peuple obtient environ 30,5 % de soutien, devant Bhumjaithai. Ces résultats soulignent l’élan persistant de l’opposition libérale, particulièrement populaire auprès des jeunes et des électeurs urbains.
Le Parti du peuple est l’héritier du mouvement Move Forward, qui avait remporté le plus grand nombre de voix lors des élections de 2023 avant d’être empêché de gouverner par des législateurs proches de l’armée et de la monarchie. La dissolution judiciaire de Move Forward avait marqué un nouvel épisode d’instabilité politique dans un pays habitué aux changements de gouvernement rapides.
Les élections anticipées ont été convoquées en décembre, moins de cent jours après l’entrée en fonction d’Anutin, à la suite de tensions parlementaires susceptibles de provoquer la chute de son gouvernement minoritaire. Le scrutin s’annonce serré et pourrait raviver les divisions politiques dans un contexte déjà tendu, marqué récemment par un conflit frontalier avec le Cambodge.
Avec un électorat fragmenté et des alliances incertaines, la formation d’un gouvernement après le vote reste imprévisible. Mais les sondages indiquent clairement que l’opposition libérale part favorite, portée par une demande de réformes et un rejet croissant des partis traditionnels.