Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a alerté sur les méthodes employées par la junte birmane pour encourager, voire contraindre, la population à participer aux élections prévues dans les prochaines semaines. Selon l’ONU, l’environnement sécuritaire et politique dans lequel se prépare le scrutin soulève de sérieuses inquiétudes quant à sa crédibilité.
Les autorités militaires comptent introduire des machines à voter électroniques et s’appuyer sur des dispositifs de surveillance utilisant l’intelligence artificielle. Des experts estiment que ces outils pourraient permettre d’identifier les électeurs perçus comme opposés au régime, renforçant ainsi la peur et l’autocensure au sein de la population.
Plusieurs responsables internationaux ont déjà qualifié ce processus électoral de mascarade destinée à donner une légitimité institutionnelle au pouvoir militaire, installé depuis le renversement du gouvernement civil en 2021. Le scrutin doit se dérouler en plusieurs étapes, du 28 décembre au 31 janvier, dans un climat marqué par les combats, les déplacements forcés et la répression politique.
Les critiques soulignent également que des milliers d’opposants, de journalistes et de responsables politiques demeurent détenus, ce qui rend impossible toute campagne électorale équitable. Les restrictions imposées aux partis non alignés et l’absence d’observateurs indépendants alimentent davantage les craintes d’un processus contrôlé de bout en bout par les militaires.
Pour l’ONU, la combinaison de pressions directes, de technologies intrusives et d’une absence générale de libertés fondamentales menace de transformer ces élections en un outil de consolidation du pouvoir plutôt qu’en un exercice démocratique réel.