Le Royaume-Uni a lancé un ultimatum à l’oligarque russe Roman Abramovich, lui ordonnant de verser à l’Ukraine les 2,5 milliards de livres sterling issus de la vente du club de football Chelsea, faute de quoi il s’exposerait à des poursuites judiciaires. L’annonce a été faite mercredi par le gouvernement britannique, qui entend accélérer l’affectation de ces fonds gelés depuis près de trois ans.
Abramovich avait vendu Chelsea en 2022 dans l’urgence, après avoir été sanctionné par Londres dans le cadre des mesures prises contre des oligarques russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine par Moscou. La transaction, d’un montant d’environ 2,5 milliards de livres, avait été approuvée sous condition que le produit de la vente soit destiné à des causes humanitaires liées au conflit.
Depuis, l’argent est resté bloqué sur un compte gelé au Royaume-Uni, en raison de désaccords sur son utilisation finale. Le gouvernement britannique affirme désormais vouloir mettre fin à cette impasse et insiste pour que l’intégralité de la somme soit consacrée à l’aide humanitaire en Ukraine, en cohérence avec une pression européenne plus large visant à faire supporter à la Russie les coûts humains et matériels de la guerre.
Londres rejette toute autre destination des fonds. La Russie a pour sa part fait savoir qu’elle souhaitait que l’argent bénéficie aux victimes du conflit « des deux côtés », une position que les autorités britanniques refusent, estimant que l’agression russe justifie un soutien exclusif à l’Ukraine.
En brandissant la menace de poursuites judiciaires, le Royaume-Uni franchit un nouveau cap dans le bras de fer avec Abramovich. Cette démarche vise à créer un précédent juridique et politique sur l’utilisation des avoirs d’oligarques russes sanctionnés, dans un contexte où la question du financement de la reconstruction ukrainienne devient de plus en plus pressante.
Les représentants de Roman Abramovich n’ont pas réagi immédiatement à l’annonce du gouvernement britannique. L’issue de ce dossier pourrait avoir des répercussions bien au-delà du football, en testant les limites du droit international et des régimes de sanctions appliqués depuis le début de la guerre en Ukraine.