Crise énergétique : en Europe, des leçons encore incomplètes après la guerre en Ukraine
Crise énergétique : en Europe, des leçons encore incomplètes après la guerre en Ukraine

La Commission européenne examine des options permettant une adhésion rapide de l’Ukraine à l’Union européenne, dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, tout en limitant temporairement les droits de Kiev au sein du bloc, selon des responsables européens.

L’idée, encore à un stade préliminaire, consisterait à offrir à l’Ukraine une entrée politique rapide dans l’UE, assortie de périodes de transition avant l’accès complet aux droits de membre, notamment le droit de vote. L’objectif serait de fournir une garantie de stabilité et d’ancrage occidental après la guerre, tout en tenant compte des contraintes institutionnelles et juridiques de l’élargissement.

Des diplomates indiquent qu’une adhésion dès 2027 figurait dans un plan de paix discuté entre l’UE, l’Ukraine et les États-Unis, comme levier de prospérité économique post-conflit. Plusieurs capitales jugent toutefois irréaliste toute date fixe, rappelant que l’adhésion repose sur le respect progressif des critères européens et l’approbation des parlements des 27 États membres.

Selon des responsables, le schéma envisagé inverserait partiellement la méthode traditionnelle : une entrée rapide suivie d’un accès graduel aux droits, au fur et à mesure des réformes et de l’alignement législatif. Les autorités soulignent que ce modèle n’est pas sans précédent — des périodes transitoires avaient déjà été imposées lors des élargissements de 2004 — mais reconnaissent qu’il poserait des questions d’équité vis-à-vis d’autres candidats avancés, comme le Monténégro ou l’Albanie.

Candidate depuis juin 2022, l’Ukraine a ouvert ses négociations fin 2023. En temps normal, ce processus prend des années : la Pologne, par exemple, avait mis une décennie pour rejoindre l’UE. Mais à Bruxelles, certains estiment que le contexte géopolitique impose d’explorer des solutions « créatives » afin de consolider la sécurité européenne et d’offrir à Kiev une perspective crédible d’intégration, même graduelle.

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