L’ex-président de Harvard et proche de Bill Clinton se retire de la vie publique après la révélation de ses échanges avec Jeffrey Epstein. (AP)
L’ex-président de Harvard et proche de Bill Clinton se retire de la vie publique après la révélation de ses échanges avec Jeffrey Epstein. (AP)

Ancien secrétaire au Trésor des États-Unis sous Bill Clinton et ancien président de l’université Harvard, Larry Summers a annoncé qu’il se retirait de ses engagements publics à la suite de la publication de sa correspondance électronique avec Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels. Il continuera toutefois d’assurer ses fonctions d’enseignant à Harvard.

«Je suis profondément honteux de mes actes»

Dans un communiqué, Summers a déclaré : « Je suis profondément honteux de mes actes et conscient de la peine qu’ils ont causée. J’assume l’entière responsabilité de ma décision malavisée de continuer à communiquer avec M. Epstein. » Il précise que ce retrait « s’inscrit dans un effort plus large visant à rétablir la confiance et à réparer mes relations personnelles ».

Une amitié dévoilée via des milliers de mails

Des centaines d’e-mails datant de 2013 à 2019 révèlent que Summers et Epstein échangeaient régulièrement sur des sujets variés : politique, projets à Harvard, vie personnelle. Il apparaît que Summers sollicitait Epstein pour des conseils intimes, notamment au sujet d’une femme qu’il présente comme sa « mentee ». Dans l’un de ces échanges, Epstein se qualifiait lui-même de « wing man » de Summers.

Par ailleurs, les messages montrent que Summers aurait exprimé des doutes controversés sur l’intelligence des femmes, évoquant que « la moitié du QI mondial appartient aux femmes ».

Un choc pour l’université d’Harvard

La révélation de ces échanges a suscité une vive émotion au sein du corps enseignant de Harvard : plusieurs professeurs dénoncent « l’amitié confortable » entre Epstein et Summers. Certains estiment que ces messages confirment des critiques déjà anciennes sur la gouvernance de Summers à Harvard.

Sur le plan politique, des élus ont appelé l’université à rompre les liens avec Summers, estimant que sa proximité avec Epstein le rend indigne de conseiller des institutions ou d’enseigner. Des groupes de vigilance ont également demandé que des organisations telles que Harvard ou OpenAI mettent fin à leur collaboration avec lui.

Un passé déjà controversé

Le nom de Summers n’est pas étranger aux controverses : en 2005, alors qu’il était président de Harvard, il avait provoqué un tollé en suggérant que des différences innées entre hommes et femmes pouvaient expliquer la sous-représentation des femmes dans les sciences. Ces propos avaient conduit à une motion de défiance au sein de la faculté, et Summers avait finalement quitté la présidence en 2006.

L’étendue des échanges révélés avec Epstein renforce désormais les critiques, certains estimant qu’il ne s’agit pas d’un « laps de jugement » isolé, mais d’une relation de longue date.

Larry Summers, alors que d’anciennes équipes de direction universitaire ou gouvernementale observaient le rôle majeur qu’il continuait à jouer dans les sphères académiques et politiques, a donc choisi de réduire drastiquement sa visibilité publique. Face à l’indignation croissante, son retrait pourrait être le premier pas vers un examen plus large de ses responsabilités et de son influence passée.

Que retenir rapidement ?

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