L’ex-ministre nigériane du Pétrole menait une vie de luxe, selon l’accusation à Londres (AP)
L’ex-ministre nigériane du Pétrole menait une vie de luxe, selon l’accusation à Londres (AP)

L’ancienne ministre nigériane du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, a mené pendant des années une vie de luxe à Londres grâce à des avantages offerts par des acteurs du secteur pétrolier intéressés par l’obtention de contrats publics, ont affirmé mardi les procureurs britanniques lors de l’ouverture de son procès pour corruption.

Âgée de 65 ans, Diezani Alison-Madueke a occupé le poste de ministre des Ressources pétrolières entre 2010 et 2015 sous la présidence de Goodluck Jonathan. Elle a également brièvement présidé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), devenant la première femme à diriger l’institution.

Poursuivie devant le Southwark Crown Court à Londres, elle est accusée d’avoir accepté des pots-de-vin sous forme de biens de luxe, de séjours dans des propriétés haut de gamme et de services coûteux, en échange de son influence sur l’attribution de contrats pétroliers et gaziers au Nigeria. Elle fait face à cinq chefs d’accusation pour corruption et à un chef de complot, qu’elle conteste intégralement.

Selon la procureure Alexandra Healy, l’ancienne ministre bénéficiait régulièrement de résidences de prestige et de produits de luxe offerts par des hommes d’affaires qui « pensaient clairement qu’elle utiliserait son influence en leur faveur ». Les accusations incluent notamment l’utilisation d’un jet privé, d’une voiture avec chauffeur, ainsi que la prise en charge de frais personnels.

Alison-Madueke est jugée aux côtés d’Olatimbo Ayinde, dirigeant du secteur pétrolier, poursuivi pour corruption, et de son frère Doye Agama, accusé de complot. Tous deux nient également les faits reprochés. Agama suit le procès par visioconférence pour des raisons médicales.

Les procureurs ont également évoqué des dépenses supérieures à deux millions de livres sterling en articles de luxe chez Harrods, ainsi que la mise à disposition d’un manoir près de Londres, acquis via une société écran et dont les frais de fonctionnement auraient été intégralement pris en charge par un homme d’affaires nigérian non jugé dans cette affaire.

L’accusation a reconnu qu’il n’existait pas de preuve directe montrant que Diezani Alison-Madueke ait attribué des contrats de manière illégale, mais estime que l’acceptation de tels avantages constituait en soi un comportement inapproprié pour une responsable publique en charge d’un secteur stratégique.

Le procès met une nouvelle fois en lumière les enjeux de gouvernance et de corruption dans le secteur pétrolier nigérian, premier producteur d’Afrique. Il souligne également le rôle des juridictions étrangères dans le traitement d’affaires impliquant des responsables internationaux ayant des liens étroits avec le Royaume-Uni.

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