À Sinangoe, dans l’Amazonie équatorienne, environ 200 gardes indigènes venus d’Équateur, de Colombie et du Pérou se sont réunis début décembre afin d’unir leurs forces face aux menaces croissantes pesant sur leurs territoires ancestraux. Au cœur de cette rencontre transfrontalière : une stratégie commune pour protéger leurs terres, leurs rivières et leurs ressources naturelles contre l’exploitation illégale.
Pour marquer le rassemblement, les participants ont consommé la sève de yoco, une plante traditionnelle, et procédé à des rituels de purification au tabac et aux feuilles d’ortie. Ces pratiques culturelles ont symbolisé l’unité et la détermination des communautés face aux dangers auxquels elles sont confrontées.
Depuis des années, les gardes autochtones patrouillent la forêt pour repérer les activités illégales, telles que l’extraction aurifère clandestine, la déforestation ou encore les incursions de groupes extérieurs menaçant leurs moyens de subsistance. Mais la pression s’est intensifiée récemment, rendant indispensable une coordination régionale plus forte.
Les participants ont échangé leurs expériences, leurs méthodes de surveillance du territoire et leurs stratégies de résistance, dans l’objectif de créer un réseau amazonien plus solide et mieux préparé. Cette collaboration vise aussi à attirer l’attention des gouvernements et de la communauté internationale sur les dangers qui pèsent sur les peuples autochtones et l’écosystème amazonien.
Pour les communautés réunies à Sinangoe, cette alliance n’est pas seulement une réponse aux menaces actuelles : elle constitue un engagement à long terme pour protéger une forêt dont dépend non seulement leur survie, mais également l’équilibre environnemental mondial.