La Chambre des représentants américaine a adopté mardi, à une écrasante majorité de 427 voix contre 1, une résolution visant à rendre publics les dossiers non classifiés du ministère de la Justice relatifs à Jeffrey Epstein, défunt délinquant sexuel au cœur de l’un des scandales les plus retentissants des dernières décennies. Le texte, soutenu par des élus des deux camps, doit désormais être examiné par le Sénat, à majorité républicaine, qui pourrait l’approuver dans les heures ou jours à venir.
Cette décision marque l’aboutissement d’un bras de fer politique prolongé, notamment au sein du camp républicain, entre partisans d’une transparence totale et alliés de Donald Trump, longtemps opposé à cette divulgation. Le revirement soudain de l’ancien président, intervenu dimanche, a levé le dernier obstacle majeur, permettant au Congrès d’aller de l’avant sur ce dossier ultra-sensible.
Plusieurs victimes présumées d’Epstein étaient présentes dans les tribunes du Capitole lors du vote. Certaines ont laissé éclater leur émotion, se levant pour applaudir les élus. Brandissant des photos d’elles à l’âge auquel elles disent avoir rencontré Epstein, elles ont appelé à ce que les responsables encore protégés soient enfin exposés.
Si Trump affirme aujourd’hui n’avoir « rien à voir avec Epstein » et se dit favorable à la publication des documents, ses liens passés avec le financier new-yorkais, fréquenté dans les années 1990 et 2000, continuent de susciter des interrogations. Ses critiques l’accusent d’avoir tenté de faire obstacle à la vérité, allant jusqu’à faire pression sur ses alliés politiques comme Marjorie Taylor Greene, qui a néanmoins voté pour la résolution, dénonçant un « patriotisme au service des victimes ».
Le représentant Thomas Massie, qui a mené la campagne pour ce vote, n’a pas mâché ses mots : « Le succès de cette loi se mesurera quand des hommes riches seront menottés et conduits en prison. D’ici là, il s’agit encore d’une dissimulation. »
Le seul vote contre la résolution est venu du républicain Clay Higgins. En parallèle, la famille de Virginia Giuffre, victime emblématique d’Epstein décédée cette année, a salué l’initiative tout en pressant Trump d’agir : « Il pourrait publier les dossiers dès aujourd’hui s’il le voulait vraiment », a déclaré son frère.
Alors que le Sénat pourrait entériner la mesure sous peu, une nouvelle étape s’annonce pour le gouvernement américain : répondre à l’attente d’une transparence totale, faire la lumière sur les réseaux d’influence d’Epstein, et apaiser une opinion publique profondément marquée par ce scandale.