Les États-Unis ont annoncé dimanche l’imposition de restrictions de visa à des membres du Conseil présidentiel de transition d’Haïti, ainsi que la révocation des visas de deux conseillers et de leurs proches, a indiqué le Département d’État des États-Unis.
Dans un communiqué, l’administration américaine a expliqué que ces mesures reposaient sur des soupçons d’implication de certains membres du conseil dans des activités liées à des gangs et à d’autres organisations criminelles en Haïti. Washington évoque notamment des ingérences présumées dans les efforts du gouvernement haïtien pour combattre des gangs que les États-Unis ont désignés comme organisations terroristes étrangères. Aucun nom n’a toutefois été communiqué.
L’ambassade d’Haïti à Washington n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations, pas plus que le Département d’État n’a fourni de précisions supplémentaires dans l’immédiat.
Le mandat du Conseil présidentiel de transition, qui constitue la plus haute autorité exécutive du pays, doit expirer le 7 février, sans qu’un plan officiel de succession n’ait été annoncé. Vendredi, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est entretenu avec le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé. Selon Washington, Marco Rubio a insisté sur la dissolution du conseil à l’échéance prévue, tout en soulignant l’importance du maintien de Fils-Aimé à son poste.
Dans le même temps, deux conseillers municipaux ont demandé vendredi la destitution du Premier ministre. Le Conseil présidentiel de transition avait été mis en place en 2024 afin de superviser le processus devant conduire aux premières élections en Haïti depuis une décennie. Ce calendrier a toutefois été repoussé à plusieurs reprises, en raison de la dégradation de la situation sécuritaire et des affrontements sanglants opposant les forces de sécurité à de puissants gangs lourdement armés.