Les Équatoriens ont clairement dit non. Lors du référendum de dimanche, une mesure visant à autoriser le retour de bases militaires étrangères sur le territoire national a été rejetée par près des deux tiers des électeurs, selon un dépouillement de plus de 80 % des bulletins. Une seconde proposition, qui prévoyait de convoquer une assemblée constituante pour réécrire la Constitution, a elle aussi été largement repoussée, avec plus de 61 % de votes négatifs.
Ce double revers constitue un échec majeur pour le président Daniel Noboa, qui soutenait fermement les deux initiatives. Il jugeait qu’une coopération militaire accrue – incluant potentiellement des bases partagées avec des forces étrangères – était indispensable pour lutter contre l’explosion du crime organisé. Il plaidait également pour une révision profonde de la Constitution actuelle, héritée de l’ère Rafael Correa, afin d’adapter le cadre institutionnel à la grave crise sécuritaire qui secoue l’Équateur.
Car autrefois considéré comme l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, l’Équateur est devenu en quelques années une plaque tournante du trafic de drogue, en raison de sa position stratégique sur le Pacifique. Cette situation a engendré une flambée de violence sans précédent, mettant sous pression une économie déjà fragilisée.
Dans le camp de l’opposition, l’ancien président Rafael Correa s’est félicité du verdict populaire. Il s’est réjoui que la Constitution, qu’il avait fait adopter il y a 17 ans, soit « validée une seconde fois » par les électeurs, affirmant que ce vote confirmait la confiance des Équatoriens dans le texte en vigueur.
Pour Daniel Noboa, le message des urnes est sans ambiguïté : les électeurs n’ont pas souhaité ouvrir la voie à des changements institutionnels ou sécuritaires impliquant des forces étrangères. Reste désormais à savoir comment l’exécutif ajustera sa stratégie face à une crise sécuritaire qui continue de s’aggraver.