Le Rwanda a annoncé avoir engagé une procédure d’arbitrage contre le Royaume-Uni après l’abandon par Londres d’un accord d’asile conclu avant l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Keir Starmer. Kigali estime que la décision britannique viole les engagements financiers pris dans le cadre de ce partenariat migratoire.
Cet accord prévoyait le versement d’une compensation financière au Rwanda en échange de l’accueil de migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni. Dans les faits, seules quatre personnes avaient été transférées volontairement, le dispositif ayant été largement bloqué par des recours judiciaires.
Selon un communiqué du gouvernement rwandais, Kigali a saisi la Cour permanente d’arbitrage à La Haye, affirmant que Londres n’a pas respecté les clauses financières du traité. Les autorités rwandaises indiquent que le Royaume-Uni leur a demandé en 2024 de renoncer à deux paiements de 50 millions de livres chacun, prévus pour avril 2025 et avril 2026, en amont de la résiliation formelle de l’accord.
Le Rwanda affirme avoir accepté le principe d’une renégociation, à condition que le traité soit officiellement résilié et que de nouvelles modalités financières soient arrêtées d’un commun accord. « Les discussions n’ont finalement pas eu lieu et les sommes dues restent exigibles en vertu du traité », souligne le gouvernement rwandais.
De son côté, le gouvernement britannique a justifié l’annulation de l’accord en estimant qu’il représentait un gaspillage de l’argent public, précisant qu’aucun paiement supplémentaire ne serait effectué.
Cette procédure intervient dans un contexte de relations dégradées entre Londres et Kigali. Le Royaume-Uni a suspendu une partie de son aide au Rwanda l’an dernier, en lien avec le rôle attribué à Kigali dans le conflit en République démocratique du Congo. Le Rwanda fait face à des accusations de soutien au groupe rebelle M23, des allégations qu’il dément, imputant la reprise des combats aux forces congolaises et burundaises.
Alors que la situation humanitaire et sécuritaire dans la région continue de susciter l’inquiétude internationale, ce différend juridique ajoute une nouvelle dimension aux tensions diplomatiques entre le Rwanda et le Royaume-Uni.