Le procès de Han Hak-ja, dirigeante de l’Église de l’Unification en Corée du Sud, s’est ouvert avec des accusations lourdes portant sur des tentatives d’ingérence politique. Selon le parquet, elle aurait offert des sacs Chanel à l’ancienne Première dame Kim Keon Hee dans le but d’exercer une influence au plus haut niveau de l’État.
Les procureurs soutiennent que ces cadeaux de luxe auraient été financés grâce à des dons de fidèles détournés, intégrés à un système plus large destiné à renforcer le poids politique de l’organisation religieuse. Ils affirment que des fonds destinés à des activités caritatives auraient été redirigés pour financer ces gestes de corruption présumée.
Le début du procès intervient alors que l’Église de l’Unification fait depuis plusieurs années face à une vague de critiques et de contestations judiciaires dans plusieurs pays. L’organisation, fondée dans les années 1950 et souvent accusée de pratiques sectaires, voit sa direction mise en cause dans des affaires financières et politiques à travers le monde.
Les avocats de Han ont rejeté les accusations, affirmant que les procureurs cherchent à criminaliser des dons privés et à politiser une affaire qui, selon eux, ne repose sur aucune preuve tangible. La défense soutient que Han n’a jamais tenté d’obtenir un avantage politique par ces cadeaux.
L’affaire est particulièrement sensible en Corée du Sud, où la relation entre le pouvoir politique et certaines organisations religieuses fait l’objet d’un débat récurrent. Les procureurs ont indiqué qu’ils entendaient démontrer l’existence d’une stratégie plus vaste visant à influencer des personnalités clés, au-delà du cas de l’ancienne Première dame.
Le tribunal doit maintenant examiner la demande du parquet d’interroger longuement Han Hak-ja sur l’origine des fonds utilisés et sur ses relations avec des responsables politiques. Le procès devrait se poursuivre sur plusieurs semaines, marqué par une forte attention médiatique et un examen public des pratiques internes de l’Église de l’Unification.