Le président de Bulgarie, Roumen Radev, a annoncé sa démission, une décision qui alimente les spéculations sur la création prochaine de son propre parti politique en vue des élections législatives à venir. En poste jusqu’en janvier 2027 dans une fonction essentiellement honorifique, il a indiqué qu’il remettrait formellement sa démission à la Cour constitutionnelle, une étape qui ouvrirait une nouvelle phase d’incertitude politique dans le pays.
En cas d’acceptation de cette démission, la vice-présidente Iliana Iotova assurerait l’intérim jusqu’à l’élection présidentielle prévue en novembre. Cette annonce intervient alors que la Bulgarie se dirige vers ses huitièmes élections législatives en seulement quatre ans, sur fond d’instabilité chronique et d’incapacité répétée des partis à former des coalitions durables.
Élu une première fois en 2016 puis réélu en 2021, Radev s’est régulièrement distingué par son scepticisme à l’égard de l’adoption de l’euro et par des positions jugées conciliantes envers Moscou sur la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie. Il évoque depuis plusieurs années l’idée de lancer une nouvelle formation politique, qu’il présente comme un moyen de restaurer la stabilité et de lutter contre la corruption endémique dans l’un des pays les plus pauvres de l’Union européenne.
« La classe politique actuelle a trahi les espoirs des Bulgares », a-t-il déclaré dans une allocution, appelant à un « nouveau contrat public ». Sa démission survient dans un contexte de crise prolongée, marqué par la chute du précédent gouvernement après des manifestations contre un budget controversé et des accusations persistantes de corruption.
Selon des analystes, cette séquence pourrait permettre à Radev de se présenter comme une alternative crédible face à un paysage politique dominé par des figures usées et discréditées. Des sondages récents montrent un fort appétit de l’électorat pour une nouvelle force politique et une défiance profonde envers le système actuel, même si Radev n’a pas encore confirmé officiellement son intention de créer un parti.
Les experts estiment toutefois que, malgré une popularité réelle, un éventuel mouvement lancé par Radev aurait peu de chances d’obtenir à lui seul une majorité absolue. Il pourrait recueillir entre un cinquième et un tiers des suffrages et serait alors contraint de rechercher des alliances, une perspective rendue complexe par ses positions sur l’euro et l’Ukraine, qui risquent de refroidir certains partenaires potentiels.