Le Parlement serbe approuve le projet immobilier de Jared Kushner à Belgrade malgré une vive opposition (AP)
Le Parlement serbe approuve le projet immobilier de Jared Kushner à Belgrade malgré une vive opposition (AP)

Le Parlement serbe a adopté vendredi une loi controversée visant à accélérer la construction d’un vaste complexe immobilier à Belgrade, développé par une société fondée par Jared Kushner, gendre de l’ancien président américain Donald Trump. Ce projet, porté par la société américaine Affinity Global Development, prévoit la création d’un hôtel de luxe, de logements, de commerces et de bureaux sur le site de l’ancien quartier général de l’armée yougoslave.

L’adoption du texte, soutenue par la majorité au pouvoir, intervient malgré la contestation de l’opposition et de nombreux citoyens. Les critiques dénoncent la transformation d’un lieu considéré comme hautement symbolique : l’ancien bâtiment militaire avait été gravement endommagé lors des bombardements de l’OTAN en 1999 et est perçu par beaucoup comme un monument à la mémoire des victimes du conflit et à l’architecture moderniste de l’époque yougoslave.

Plusieurs députés de l’opposition ont tenté de bloquer le vote, affirmant que la loi violait la Constitution. Néanmoins, la majorité parlementaire a approuvé le texte sans amendement et a décidé d’en avancer l’entrée en vigueur, ouvrant la voie à un lancement rapide des travaux. En novembre dernier, le gouvernement avait déjà retiré au site son statut de patrimoine culturel protégé, facilitant ainsi la conclusion d’un bail de 99 ans entre l’État serbe et la société de Kushner.

Affinity Partners, la société mère d’Affinity Global Development, n’a pas réagi publiquement à cette décision. Jared Kushner, qui a fondé cette société après avoir quitté la Maison-Blanche en 2021, n’a pas fait de déclaration non plus. Le projet, évalué à plusieurs centaines de millions de dollars, suscite des inquiétudes quant à l’influence américaine sur un site chargé d’histoire et sur la transparence des conditions de son attribution.

Ce vote intervient dans un climat politique tendu en Serbie. Le président Aleksandar Vučić fait face depuis un an à des manifestations récurrentes contre son gouvernement, exacerbées par la colère populaire à la suite de l’effondrement d’une gare en 2024 ayant fait 16 morts. Dans le même temps, Belgrade doit gérer des tensions diplomatiques croissantes avec la Russie, qui a demandé des éclaircissements après des déclarations évoquant une possible vente de munitions serbes à l’Union européenne, craignant qu’elles ne soient destinées à l’Ukraine.

Malgré les critiques internes et les pressions extérieures, le gouvernement serbe semble déterminé à aller de l’avant avec ce projet emblématique, symbole de son ambition d’attirer davantage d’investissements étrangers, quitte à s’aliéner une partie de l’opinion publique nationale.

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